Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 18:30

J’ai l’espoir encore, ténu, que tout ceci aies un sens. Il y aurait bien des peines à voir les pessimistes avoir raison. Et pourtant tout porte à croire à l’irrémédiable emprise du divin chaos géométrique. Alors, évidemment, à l’initiative de cet enchevêtrement de cause à effet, il y avait bien une pulsation divine. Mais ce divin, bien loti, ne se vexe de quelconque intérêt pour une création malencontreuse. Il s’en fout. Aussi bien que de l’anthropomorphisme dont on l’affuble. Bien mal nous en a pris !

Il y a donc, comme une violente colère innée, un élan qui nous pousse à nous perfectionner. Mais cette ultime trace du divin en nous n’est que là pour incrémenter le temps. Et le temps qui dure.

Voilà pourquoi je me rassure en son sein. Je me cantonne à exister pour moi-même et pour certains autres, qui subsistent, dans mon cœur… Mais la terrible déconvenue découverte ici-bas me terrifie. Il y a de quoi se poser des questions, non ?

Mais l’éternel recommencement m’amuse bien. Il me plait de renaître au cours des temps, transposé inopinément dans la conscience partagée par quelques-uns. Vivre à des époques pour passer le temps. Chercher à reconquérir l’unité regrettée en s’associant ou par l’amour. S’associer dans de grands mouvements interhumains, voilà bien le grand vice de ce bas morceau de viande.

Imaginons un instant la terre recouverte d’un nombre limité de jeunes hommes vaillants. La peine engrangée par l’amenuisement de la part de l’unité brisée qui revient à chacun est fortement allégée. La conscience totale s’en retrouve filtrée de ces réservoirs stagnants que sont les vieillards. Et la vie peut redéployer tout son art et sa voluptueuse facilité à prodiguer du bonheur. Voilà une de gagnée !

Les dernières bribes de conscience traumatisée par l’âge ont été reconduites dans de chairs toutes neuves. Et les morceaux plus rares s’en retrouvent gonflés d’une vigueur bienvenue.

 Il y aurait donc tout à gagner à organiser cet abandon des corps vieillissants pour rejoindre l’épopée majestueuse des premières années de joies.

Arrêtons de maudire le temps qui passe. Au lieu de regarder les vies qui s’enchaînent, les morts qui rythment la défaillance des molécules mises en jeu. Réjouissons-nous de mourir pour renaître ici-bas, partagé dans autant de jeunes enfants que l’accroissement de la vie à su jouer.

 Mourir est la plus belle chose que la vie enfin nous offre : le pouvoir de rejouer à l’innocence.

Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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Jeudi 1 décembre 2011 4 01 /12 /Déc /2011 11:51

La vie est un jeu.

Et l’ultime dessein du joueur est de faire le mieux possible avec tous les éléments mis à sa disposition au départ. Il reste à définir ce que “le mieux possible” signifie. On suppose qu’il s’agit d’un concept flou, trempé d’altruisme et de citoyenneté. Et si l’on échoue à édifier une existence légale et heureuse, que l’on passe inopinément par la case prison, il est probable que l’on pourra défendre à corps défendant le concept hautement moderne de la peine capitale. Pourquoi ? Pour recommencer avec une autre mise de départ…

 

Parce qu’il est maintenant clair que la nature unifiée du cœur de la substance partagée en toutes les consciences ne peut être diminuée. Et si le nombre d’individus continue d’exploser, la part de cette unité s’en trouve largement amoindrie en chacun. D’où l’impérieuse nécessité d’un regroupement par idée ou autre. Au final, la mort annule l’état actif de cet extrait d’unité et entraîne un autre agencement de ces éclats minuscules. C’est là la simple finalité de cette pulsation globale. Mais nous l’avons vu, les vivants se regroupent. Et l’unité s’en retrouve palpable.

La mort n’est donc qu’un détail de cet agencement fabuleux, une pulsation risible.

 

Se retrouver, à l’age de la première prise de conscience, en possession de cet éclat de sphère impérieuse, est tout à la foi une grande responsabilité et une mascarade amusante. En effet, il est plus que probable que dans les années à venir, l’incidence de son être sur l’univers ne soit que  pure fatuité. Alors commence dès lors l’apprentissage de la déférence aux lois érigées par d’autres consciences en d’autres temps, c’est-à-dire par un autre agencement de notre origine commune, comme les règles assumées du grand jeu commun. Et l’insignifiant morceau du tout découvre son égo de pacotille et commence enfin à jouer avec.

Il est temps enfin de cesser ce trop plein de sérieux indiqué dans les relents d’un malheur partagé à égalité avec le bonheur poursuivi. Tout cela n’est que mascarade. Et il est préférable de sourire sous un masque…

 

Car nous aurons tous une autre vie pour concurrencer Sisyphe.

Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 18:59

Dans un rêve prémonitoire, quelque part au-delà des nues, je compose couleur après couleur les réseaux qui abreuveront de nourriture qualifiée les strates de ma nouvelle vie. Cette nourriture, je la qualifie car elle est essentielle à mon équilibre psychique. Je ne veux pas dégénérer, du moins pas encore.

Bien entendu je suis seul et pour longtemps encore. Je ne sais pas encore ce que le divin chaos géométrique a préparé pour relever ma vie à un niveau commutatif du relief évident ! Je m’emporte encore un tant soit peu. Mais je veux comme jamais aujourd’hui. Je veux que ce relief agite chaque cellule de mon corps comme un hochet. Je veux qu’à chaque instant de ma courte existence, les émotions les plus perturbantes m’assaillent comme à l’assaut d’une forteresse risible…

Ce soir encore, je me contente de persévérer dans cet être qui m’étonne encore. Comment ne pas rire de cet amas de sang qui s’ébat plus que ne prend conscience ? Je devrais en faire un roi ou un philosophe, mais je m’applique posément à en faire un fou, un fou ailé mais un fou quand même.

 

Donc évidemment, je vais réagir. Je vais détruire tous les obstacles et construire une aura de feu. Après les affres enfumées de la littérature, après les illustres sons d’une mécanique harmonieuse, je vais me lancer corps et âme dans l’activité du 3ème millénaire, l’exaction commutative.

Offre lyrique de toute une génération, cette exaction est l’antre d’une majestueuse lignée de chercheur d’or. C’est la vérité toute nue. C’est le propre de toute vie un tant soit peu honnête. C’est l’ouvrage d’un dieu, l’exaction des princes !

Et si j’applique à cette idée abstraite la mécanique bien trop évidente de la commutativité, c’est que j’ai foi en ma folie. Je suppose que c’est elle qui va me mener à la cime des concepts assumés. Je crois en ma réactivité face au récurrences outrageantes des basses pensées alimentaires. Mais je vais devoir me reposer après ça…

 

C’est sûr, je ne viens pas de cette planète.

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Dimanche 12 juin 2011 7 12 /06 /Juin /2011 18:20

Et si ce chagrin inhérent à la perte d’un être cher n’était que pure futilité ?

Comprenez-moi bien, je ne nie pas qu’il y ait de la peine à se voir refuser l’accès à un certain agencement de matière. Mais la prise de conscience de l’unicité de l’essence même dont est extraite chaque conscience, une sorte de supra entité que certains veulent nommer pour mieux l’embrasser, annule toute tentative de personnalisation de la douleur.

En d’autres termes, comme nous sommes tous frères et complémentaires par essence, que notre dessein commun est la sérénité d’une mécanique parfaite, lorsque quelqu’un meurt, son individualité détachée de son écorce terrestre rejoint les possibilités d’être de toutes les consciences effectivement en action. Le talent est partagé. Parfois le hasard joue avec le destin, et un être humain naît avec une grande partie de l’individualité d’un être défunt. Mais l’intégralité de l’inné et pourquoi pas une grande partie de l’acquis qui aurait migré vers les méandres inopinés de “l’âme”, renaît éternellement dans les milliards de systèmes nerveux conscients en action.

N’est-ce pas génial ?

On ne meurt pas. On se répartit de différente manière. On se réajuste dans une autre configuration optimale.

Et tous ceux qui prennent conscience, comme on attrape la fièvre créatrice, ne disparaissent que sous leurs formes apparentes et acquises au dépérissement et à la vieillesse, pour réapparaître ailleurs sous d’autres formes. Un éternel recommencement, une renaissance impromptue mais continue sur les millénaires qui les séparent de la première fois.

Et pour s’enfuir du cycle des renaissances ?

Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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Samedi 21 mai 2011 6 21 /05 /Mai /2011 23:02

Il faut que je vous dise quelque chose. Aujourd’hui je dois me mettre au travail et m’appliquer à vous expliquer une idée quelque peu novatrice, une idée qui m’a conquise au fil de mes pérégrinations dans le monde des idées. Cela m’a pris un peu de temps pour comprendre. Mais dorénavant j’en suis certain : tout cela justifie une fois pour toute mon apparition dans la vie. Et il me faut bien ça pour m’apporter aujourd’hui toute la force de sortir de la léthargie ambiante qui incite l’individu moyen à se perdre dans le commerce et la consommation. Car au delà de la vie quotidienne de nos sociétés modernes, il y a pour certains une aura majestueuse qui les tient en haleine. Ce dessein fabuleux qui dirige la main du peintre ou du sculpteur, qui remplit l’entendement du compositeur et de l’écrivain, qui éclaire brutalement le raisonnement tortueux du mathématicien est le même qui m’apporte aujourd’hui la force de bousculer les idées convenues dans cet amas de démonstrations bridées. Et l’originalité de ce nouveau concept n’en est que la valeur ajoutée qui dénote ici-bas que j’ai raison d’y accorder aujourd’hui mon temps et mon énergie.

Alors, de quoi s’agit-il ? Après avoir débarrassé l’homme de ses illusions, l’avoir confronté à son inopportune position dans l’Etre, j’en fait le sujet d’une réorganisation salutaire qui place chaque individu à la place à laquelle il peut défendre son individualité au sein d’un groupe solidaire. Le principe novateur qui régit cet assemblage divin se nomme COMPLÉMENTARITÉ. Elle détermine le dessein de chaque individu dans la découverte de sa place dans la société. Place qui détermine l’individu comme élément de la société. Et cet élément peut défendre son individualité en acceptant sa position déterminante au cœur de la mécanique communautaire.

CQFD !

Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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