Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Mercredi 26 août 2009

    La religion est morte. C’est un fait.

   Reconnaissons-le.

    Dés lors invitons les hommes à s’élancer enfin vers la plénitude de leur vie. Pour qu’ils puissent embrasser de tout leur long la liberté de conscience à nouveau conquise. La liberté de conscience qui se retrouve de nouveau être la leur.

 

   J’imagine l’avenir.

   D’abord un monde dédié au bon heur, et qui n’a de cesse de revendiquer l’application de moyens efficaces pour y parvenir.

   Un monde pur. Débarrassé des illusions des temps passés.

   Un monde absolu. Où la vie heureuse devient la principale occupation. En oubliant, c’est entendu, la réalisation d’une plus qu’improbable vie future…

 

   A partir de ce point, où nos consciences libérées entrevoient l’aube naissante d’une humanité faite d’heureuse raison et de danse, un pas doit être franchit pour tous les hommes. Tous, sans exception, doivent reconnaître en ces temps le commencement d’une ère nouvelle. Tous, c’est à dire aussi bien les hommes libres que les entravés.

   Voilà pourquoi je demande simplement à ce que tous les détenus du pays soient libérés.

 

   Et que pour eux aussi commence ces temps nouveaux, dédiés à la liberté absolue et à l’encouragement d’émancipation de toutes les consciences.

 

   Et, par un soucis bien compréhensible de sécurité, qu’ils signent un contrat stipulant leur nouvel attrait définitif pour les landes, rendues réconfortantes par la raison qu’elles élisent groupées, de l’honnêteté. Si par erreur ils corrompent cette promesse, qu’ils soient menés, avec malgré tout un peu d’avance, vers l’obscurité du néant.

   Ainsi reprennent-ils, eux aussi, finalement le contrôle de leur vie. Soit il rentre dans l’espace viable supportant les règles écrites de la vie en commun. Soit ils acceptent par la signature apposée au bas du contrat leur propre mise à mort.

 

   Ainsi tout rentre posément, et avec ce qu’il faut d’activité productrice d’évènements nouveaux, dans l’ordre des choses.

Par daphnis - Publié dans : former home
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Lundi 24 août 2009

      « Apprends à écrire. Je n’ai jamais lu quelque chose d’aussi mauvais. C’est par amitié pour toi que je n’ai pas voulu t’en parler. Je préfère qu’on oubli ça. » Il rigole, d’un rire sarcastique qui veut tout dire.

   Qu’est-ce que je peux répondre ? Alors je souris moi aussi. Le sourire lâche de celui qui vient de se prendre une claque, un coup de poing, de poignard… La rythmique de la techno résonne en fond sonore. Il y a trop de monde. Ca pue les chiottes. J’ai la nausée…

 

   Je sors sans lui adresser la moindre parole, le moindre regard. Mon regard flotte sur tous ces corps qui convulsent sous l’influence obsédante de la techno. Je les vois. Je les ressens. Mais je n’ai pas le cœur à ça. Je repense à ce qu’il vient de me dire. Cette brutalité. Je ne comprends pas. Il ne l’a même pas lu en entier.

   Je vais être malade. Peut-être la vodka. Ou bien le popper’s. Il faut que je sorte. Ca va passer si je sors tout de suite. Et puis non, je monte. Je gravis, avec le reste de la fierté apparente qui peut transparaître de mon état, les quelques marches encombrées de garçons qui me regardent. Il faut que je les touche pour réussir à avancer. Je me frotte à eux. Je respire leur odeur, mélange de déodorants efficaces et de sueur réfractaire.

   J’arrive à atteindre la rambarde qui surplombe le dance-floor. J’arrive par un savant jeu d’intrusion fortuite à me glisser entre deux de ces idoles phœnix. Je m’accoude à la rambarde. Ils jettent un regard vers mon être pour juger si je suis à leur goût. Je les ignore. Je regarde par au-dessus le dance-floor bondé. Les agités de spasmes excités et excitant ne sont que des garçons.

   Je les observe. Je n’arrive pas à penser à autre chose qu’au conseil de l’autre connard dans les toilettes. Il faut que j’apprenne à écrire. Quel con ! Les danses hypnotiques des éphèbes adorables commence à me faire de l’effet. Je pourrais maintenant choisir le sujet de ma prochaine passion, celui avec qui je passerais la nuit, mais je me sens désespéré.

   Des hauteurs de l’estrade, devant l’immense miroir, aux côtés d’autres qui comme lui aiment se montrer, un garçon me jette un regard ambigu, enfin un regard posé. Je le regarde moi aussi. Il ne doit pas avoir encore 20 ans. Il est brun mat. Son visage est encore naïf. Il est adorable. Encore un. Il recherche quelque chose de précis. Comme une envie de sueur et de derme. Il me regarde encore. Je le fixe. Il est peut-être encore puceau. Je devrais descendre, le rejoindre. Je détourne le regard vers le reste de la piste. Deux jeunes mâles s’embrassent. Je le regarde. Ils se frottent l’un contre l’autre aux rythmes obsédants des accords vaporeux de la ligne house techno rave. Je vais mieux. Je me laisse transporter par le son martelé de cloques sonores. Je ferme les yeux. Mes hanches dessinent des huit dans l’infini. Le jeune garçon a disparu. Il est 4 heures.

 

   Je descends les escaliers. Le rouge des cigarettes, la fumée, les épaules dénudées. Je pourrais bander. Mais j’ai la tête à autre chose.

   En bas j’aperçois Alex. Lui aussi il me voit. Il me propose une cigarette. Je la prends. Il me l’allume. Ma cigarette rougit. Il m’invite à danser. Pourquoi pas ? De toutes façon j’ai déjà commencé. Je le regarde danser. Mes hanches s’agitent. Je me prends la main. Je ferme les yeux, les ouvre, le voit. Je me retourne vers le centre de la piste. Je me frotte contre les autres par nécessité. Je repense à l’autre con. Je doute. Il ne l’a pas lu en entier. Je repense à la brutalité de ses termes. Pourquoi ?

   Je sens des lèvres dans mon cou. Et des bras autour de ma taille. « Par amitié », je le déteste. L’autre, derrière, se fait plus entreprenant. Il embrasse ma nuque. La lèche. L’oreille. La joue. Mes lèvres. Je ne peux plus, je m’écarte, me retourne, lui fait face, le regarde fixement. J’ai arrêté de danser. Lui aussi.

   « Excuse-moi » tente-t-il.

   Je me détourne et quitte le dance-floor. « Arrête de t’excuser… » Je ne le regarde même pas. Je fuis son corps qui ne m’inspire pas. Je ne sais plus ce que je veux. Je bouscule un couple transis d’amour exhibitionniste.  J’avance parmi eux sans même les voir. Je suis désespéré. Je veux sortir, vite. La musique est trop forte. Ce n’est même pas de la musique. Et ces garçons qui respirent fort. Le vestiaire. Je sors.

   Dans la nuit.

Par daphnis - Publié dans : former home
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Mardi 23 juin 2009

   Aux vues de la réalité – à savoir la nature triviale (ordinaire) de la condition humaine en regard des autres échelles – la politique doit être la science capable de concilier, de manière harmonieuse, les deux élans qui trahissent cette évidence : la compromission de l’individu – être humain – au centre de deux déclinaison de sa propre conception (évaluation) de l’être.

   Aussi, dorénavant, sera encouragé par la dite politique, l’affirmation d’une identité individuelle au sein d’une communauté unie.

 

   Ainsi la nature ondulatoire et corpusculaire (tribale et parcellaire) de chaque chose reconnaissable en l’être humain sera hissée au pinacle des effets de sa conscience, pour qu’il puisse enfin connaître la satiété de ses dynamiques intrinsèques (plus qu’intrinsèques !) et l’érection d’un bonheur tangible et dynamique.

Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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Samedi 30 mai 2009

   Je crois que cette fois-ci il faut vraiment que je me mette d’accord avec moi-même. Il faut que je puisse expliciter simplement ce que je crois savoir. Quelque chose de l’ordre du délire infantile impérieux d’une certaine gloire sur terre. N’importe quoi ! Pourquoi pas un messie pendant qu’on y est. Il faut arrêter avec ce genre de délire. Il y a sincèrement peu de chance pour que toute cette réalité ne soit autre chose qu’un fantastique concours de circonstance. On y revient.

   Mais dans ce cas probable, comment organiser ses instincts pour accomplir ce que tout ce qui nous a précédé nous intime l’ordre de faire ? Pour quelles raisons poursuivre cet étalage de douleurs affectées par la somme des actes proprement humains ?

 

   J’ai peur de finalement céder à la facilité en m’avouant vaincu et en me rangeant sous la coupe de la volonté de la tribu. Je hais cette tribu qui m’obsède, qui me laisse dubitatif en face des options apparemment louées gratuitement par mon ange.

   Je doute de tout.

   Je doute de moi.

 

   Comment cela va-t-il se terminer ?

Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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Jeudi 21 mai 2009

   N’est-ce pas là le système novateur d’un aventurier téméraire déçu de son ultime découverte ? J’aspire évidemment moi aussi au bonheur ici-bas. Et il me serait trop cruel d’avoir à informer les autres de la nullité évidente des valeurs, de toutes les valeurs. D’autant que ce serait le comble de l’abjection pour mon âme, n’est-ce pas ?

   Alors je tisse moi aussi les fils encore humide d’une réalité bien trop complexe pour être dénuée d’un certain sens de l’humour. J’en ris encore. D’un rire prétexte à de grandes enjambées culturelles et plus, si affinités.

Je me reprends.

 

   Et voilà donc toutes les consciences reliées par une même origine. Plus que cela, elles ne forment qu’un, distribué sur chacun des êtres qui se découvre vivant au milieu d’un tumulte de matière. Dans ce cas bien des choses vacillent dangereusement avant de s’effondrer bruyamment dans un fossé monstrueusement profond.

   Si j’ai bien compris ce que mon esprit torturé s’efforce d’imprimer dans ces lignes noircies d’une écriture obscure et prétentieuse, les individus ne sont que les écorces temporelles d’un extrait de cette chose, jusqu’à ce que l’arrêt des fonctions biologiques ne rende cet emprunt au maelström prodigieux qui se répartira sur les nouveaux arrivants.

 

   Tout cela est-il bien raisonnable ?
Par daphnis - Publié dans : COMPLÉMENTARITÉ
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