Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 17:16

   Dés lors que l’on regarde honnêtement en direction de l’histoire passée, on ne peut être insensible à la valeur chaotique de son développement, qui s’étale en suivant des inflexions dirigées par de simples hommes, exceptionnels par la réalité de leurs actes, mais triviaux par la réalité de leur être.

   La vérité est que, sur cette planète bleue perdue au milieu de milliards d’amas d’étoiles, un concours de circonstance a fait que l’activité du chaos s’est concentrée en ce point remarquable de l’univers.

   Sur ce petit grain de poussière de l’immensité impensable, est apparue une entité originale, une entité dont l’essence prédestinait la logique de ses futurs développements. Cette entité, la première cellule vivante, a été à l’origine d’un bouleversement fabuleux.

 

   Voilà que quelque temps après, la descendance de cette entité, perfectionnée et multipliée, qui pour un temps porte un regard compatissant sur sa propre condition, se présente alors comme l’aboutissement fixe de toute cette longue quête de perfection.

   Dés lors, l’homme entend s’afficher avec les attributs de la limite supérieure du processus évolutif.

   Comment est-il concevable, qu’après de si longues secondes d’évolution, l’homme fasse preuve de cette arrogance, apparue au niveau palpable des sentiments abstraits, en regard de sa délicate mais triviale position dans l’Etre ?

   La religion est bien entendue, au détour de sa naïve élévation, à la source de cet incompréhensible élan d’orgueil emphatique. Elle a su créer, au cœur de son serviteur, l’écrin d’une reconnaissance flouée d’un être anthropomorphe parfait, et qui tendrait donc à prouver que l’homme, auquel il a prêté la forme, touche à la perfection lui aussi.

   Alors que ce n’est évidemment que concours de circonstances !

 

   Qu’il en soit ainsi ! Et d’ailleurs nulle autre possibilité n’aurait pu avoir occurrence. Tel est l’état de la conscience humaine au point où nous reprenons le flambeau. Et, pour exciter notre prétention au bouleversement, il faut que cela change.

   Pourquoi ? Parce que c’est au travers de l’évolution que l’homme en passe d’atteindre un autre palier connaîtra la possibilité d’un heur extatique. Si l’humanité organisait ses ressources autrement qu’en accord avec une illusion castratrice et stabilisante, elle pourrait évidemment effleurer de sa conscience l’absolu d’un bonheur tangible, ancré dans le processus évolutif.

   Il faut donc que cela change, que des illusions implicitement consenties soit élevés comme telles. Il faut que l’homme prenne conscience de la véritable réalité de son être, disposé délicatement au centre d’un tumulte chaotique prodigieux.

   Il le faut, sinon la ferveur originelle qui agite notre cognition risque bien de retomber, lasse, chez les plus avancés de nos semblables.

 

   Considérant son propre anéantissement, consciemment et délibérément réglé, comme une accumulation de facilité, le nouvel homme, la tête à nouveau relevée, décidera, comme dans un jeu, d’affronter de face l’inébranlable et parfois difficile  réalité, et prolongera sensiblement la continuation de sa vie.

   Ainsi de l’anéantissement des illusions traître, métaphores d’une réalité implacable, le prétendant à l’élévation de son être ressortira grandit, et acquerra de la force pour asseoir son propre bonheur au milieu d’un décor finement ciselé, celui de sa niche environnementale, toujours inspirée par le quasiment divin chaos.

 

   C’est ainsi que l’homme prétendra se replonger dans les délices de l’évolution.

Par daphnis - Publié dans : Avant la morale
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 20 août 2008 3 20 /08 /Août /2008 17:10

    Je suis immortel. A ma connaissance, tous les hommes sont immortels.

 

   La prise de conscience d'une absence momentanée de conscience fait suite à l'instant où l'individu recouvre justement sa conscience.

   La perte de la conscience est l'anéantissement de l'humanité dans l'entité homme, cette conscience recouvrée au moment de la reconnexion cohérente de l’être dans son entourage (en sous-entendant que la cohérence soit l'effet intrinsèque de la conscience) réhabilite l'entité déshumanisée en tant qu'homme.

   Ainsi, la conscience de l'homme ne peut comprendre son anéantissement que rétroactivement.

   Ma mort m'est intégralement étrangère.

   Je suis immortel.

 

   Qu'est ce que la mort des autres ? Une absence de l'entité, la dégradation irrémédiable de cette entité, l'impossibilité définitive d'une corrélation entre la conscience du mort et la mienne, une corrélation asynchrone ou bien décalée dans le temps.

   En fait, il ne semble pas y avoir de concepts tangibles rassemblés sous la dénomination grossière de « mort chez les autres ».

   Dès lors que l'autre est compris et intégré dans ma propre conscience, l'anéantissement de l'autre, sa mort, est validée dans deux cas, l'érosion complète, l'anéantissement de la trace inscrite dans ma conscience, ou bien l'anéantissement de ma conscience entière, ma mort.

   Seulement, je suis immortel, et le concept qui comprend l'idée d'une disparition totale de l'empreinte de l'autre en moi est bancale : l’autre n'est que s’il imprime son existence en moi. Il ne peut y avoir de mort chez les autres s’il n'y a pas d'autres. Si j’ai la mémoire d’un autre que moi, pour moi il n’est pas mort. Si je n’en ai pas, il n’y a pas d’autre.

   Il n'y a pas d'entités n'ayant pas d'existence en moi. Il n’y a pas d’entités autres que celles observées dans ma fenêtre d’étude. Je suis immortel et tout ce qui est l'est avec moi.

 

   Par cela une évidence s'affirme. Je suis l'origine du repère qui sculpte la cohérence que ma conscience trahit.

   La logique qui modèle la cohérence de ma réalité vécue est une application de mon échelle de sensibilité sur la substance en totalité.

   Je ne devrais plus rechercher, pour effleurer l’absolu, un concept nouveau dans l’infiniment petit ou l’infiniment grand, mais simplement dans l'infini à mon échelle de grandeur. Et c'est la conscience de cette totalité indescriptible qui, inscrite en moi, m’informe de mon prochain anéantissement éventuel.

 

      Il est clair que devant l'étendue du néant qui se dévoile à ma sensibilité, encore une fois mon instinct de conservation a déclenché l'irruption de l'imagination dans mon raisonnement. Aussi, entre ma raison et mon imagination, s’installe encore pour longtemps les prémisses d’un combat que je peux imaginer sans pitié.

 

    Tout n'est que croyance, croyance dans des concepts simples qui cherchent à systématiser ce qui est.

   Or, il me semble que la compréhension d'un système ne peut se réaliser que d'un point d'observation situé à l'extérieur de ce système. Aussi, malgré toutes les tentatives que j'effectue pour m'extraire de ce conditionnement, je me sens désespérément prisonnier de l'existence.

   Le voyage hors de la cohérence de la substance ressemble fort à de la folie, l'anéantissement facile de la conscience...

   Misérable « je veux »...

Par daphnis - Publié dans : Le doute absolu
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Daphnis

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Texte intégral

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés