Mercredi 20 août 2008
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Dés
lors que l’on regarde honnêtement en direction de l’histoire passée, on ne peut être insensible à la valeur chaotique de son développement, qui s’étale en suivant des inflexions dirigées par de
simples hommes, exceptionnels par la réalité de leurs actes, mais triviaux par la réalité de leur être.
La
vérité est que, sur cette planète bleue perdue au milieu de milliards d’amas d’étoiles, un concours de circonstance a fait que l’activité du chaos s’est concentrée en ce point remarquable de
l’univers.
Sur
ce petit grain de poussière de l’immensité impensable, est apparue une entité originale, une entité dont l’essence prédestinait la logique de ses futurs développements. Cette entité, la première
cellule vivante, a été à l’origine d’un bouleversement fabuleux.
Voilà
que quelque temps après, la descendance de cette entité, perfectionnée et multipliée, qui pour un temps porte un regard compatissant sur sa propre condition, se présente alors comme
l’aboutissement fixe de toute cette longue quête de perfection.
Dés
lors, l’homme entend s’afficher avec les attributs de la limite supérieure du processus évolutif.
Comment est-il concevable, qu’après de si longues secondes d’évolution, l’homme fasse preuve de cette arrogance, apparue au niveau palpable des sentiments
abstraits, en regard de sa délicate mais triviale position dans l’Etre ?
La
religion est bien entendue, au détour de sa naïve élévation, à la source de cet incompréhensible élan d’orgueil emphatique. Elle a su créer, au cœur de son serviteur, l’écrin d’une reconnaissance
flouée d’un être anthropomorphe parfait, et qui tendrait donc à prouver que l’homme, auquel il a prêté la forme, touche à la perfection lui aussi.
Alors
que ce n’est évidemment que concours de circonstances !
Qu’il
en soit ainsi ! Et d’ailleurs nulle autre possibilité n’aurait pu avoir occurrence. Tel est l’état de la conscience humaine au point où nous reprenons le flambeau. Et, pour exciter notre
prétention au bouleversement, il faut que cela change.
Pourquoi ? Parce que c’est au travers de l’évolution que l’homme en passe d’atteindre un autre palier connaîtra la possibilité d’un heur extatique.
Si l’humanité organisait ses ressources autrement qu’en accord avec une illusion castratrice et stabilisante, elle pourrait évidemment effleurer de sa conscience l’absolu d’un bonheur tangible,
ancré dans le processus évolutif.
Il
faut donc que cela change, que des illusions implicitement consenties soit élevés comme telles. Il faut que l’homme prenne conscience de la véritable réalité de son être, disposé délicatement au
centre d’un tumulte chaotique prodigieux.
Il le
faut, sinon la ferveur originelle qui agite notre cognition risque bien de retomber, lasse, chez les plus avancés de nos semblables.
Considérant son propre anéantissement, consciemment et délibérément réglé, comme une accumulation de facilité, le nouvel homme, la tête à nouveau relevée,
décidera, comme dans un jeu, d’affronter de face l’inébranlable et parfois difficile réalité, et prolongera sensiblement la
continuation de sa vie.
Ainsi
de l’anéantissement des illusions traître, métaphores d’une réalité implacable, le prétendant à l’élévation de son être ressortira grandit, et acquerra de la force pour asseoir son propre bonheur
au milieu d’un décor finement ciselé, celui de sa niche environnementale, toujours inspirée par le quasiment divin chaos.
C’est
ainsi que l’homme prétendra se replonger dans les délices de l’évolution.