Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Lundi 12 janvier 2009

   Il ne faut pas désespérer !

 

   Le moment est venu d’avoir sur sa propre condition un peu de recul. Quant bien même elle inciterait a priori à l’absconse désespérance, on se doit de trouver la force de la contempler avec ce qu’il faut d'ironie...

 

   Si bien que…

   Si bien que, ce que je me propose de faire, concrètement, par la présentation de ces textes, c’est de vous mener vers l’honnêteté d’une reconnaissance amère de la réalité. C’est de vous amener à retenir les préceptes dévoilés par le système EDC, pour effleurer de votre entendement la conscience éclairée de la position inopportune de l’homme dans l’Etre.

   Cette prise de conscience collective permettra, et j’ose toujours l’espérer, la résurgence de la liberté originelle en chacun, et l’apparition de fondements honnêtes pour la vie en communauté, dont le but logiquement mis en avant sera la recherche éclairée de multiples accès au bonheur personnel.

 

   Cette prise de conscience, après son suffisant partage par toutes les consciences en action, annoncera probablement l’imminente émergence du niveau supérieur de l’évolution humaine, la Surhumanité.

   En effet, l’honnêteté de la prise de conscience de cette révélation, pour un temps pessimiste, sur la place de l’homme dans l’univers, devra inciter l’humanité à tendre  vers la sublime Surhumanité. Ainsi, cette dernière devra être le projet à long terme vers lequel s’élanceront tous ceux qui auront eu accès à la vérité de leur position dans l’Etre.

   Elle restera telle jusqu’à l’éventualité de son accomplissement, dés lors une nouvelle étape sera expressément envisagée. Ainsi, l’évolution naturelle sera relancée, et l’homme conduira simplement son être sur les traces inaccessibles et désirables de sa perfection.

 

 

 

   L'idée simple et bénéfique du Surhomme, dans son exemplarité avenante, s’est laissé porter au cœur de mon entendement à la suite d’une prise de conscience. Celle-ci a eu pour objet l’erreur affectant le raisonnement de l’homme envers la découverte de sa position, en regard de l'évolution naturelle. Erreur, consécutive à la suprématie obsédante de la morale judéo-chrétienne, qui a eu pour conséquence de troubler la bonne intégration de ce concept particulier.

   En effet, l'homme n'a, jusqu’alors, eu de cesse de se considérer comme l'aboutissement ultime, irrémédiable et fixé, du processus évolutif, s'accomplissant généreusement dans l’extremum de la perfection active.

   Pourtant, un simple regard honnête en direction de ce qui nous a précédés dans l’ordre de l’évolution, nous révèle, par analogie, la place ordinaire de l'homme dans cet ordre.

 

   Cependant, il est vrai qu’au point où nous sommes rendus sur le déroulé temporel de l’Etre, la place de l'homme apparaît, par un jeu savant du chaos, comme l'exception fondamentale de la vie : l'homme est le seul être qui puisse douter ouvertement de sa place dans l'univers !

   Mais il est certain aussi, qu’en regard de toute l’évolution qui s’est déroulé avant nous, l’homme apparaît bien situé au sein d’une branche normale du déploiement de la vie, et même sur une branche triviale, ordinaire de ce déploiement.

   Confrontés aux aléas du chaos, pour assurer honnêtement notre survie, nous devons donc décupler les effets de notre imagination, et, dans la suite indémontrable du déroulé chaotique, abdiquer les derniers soubresauts de notre raison absolue au profit d'une illusion indispensable. Voilà ce qu'est évidemment le Surhomme...

 

   Dans le maelström institué par l'accession au pouvoir du tout puissant et sublime chaos, nous autres, pauvres hommes, dont la tentation à être conscient se révèle supérieure à celle de se morfondre dans une acceptation béate des préceptes enseignés par cette stupide vie, sommes condamnés à subir les terribles affres d'une conscience ouverte sur l'Etre, et l’absence apparemment remarquable de ses fondations raisonnables.

   Que faire sinon rêver de l'inutile révolte, qui risque d’aboutir au délestage trop rapide du corps de la si fragile étincelle vitale ?

   Il reste cependant un espoir, celui d'imaginer, d’imaginer la parade de la vie à la terrible conscience comme l'émergence d'un genre nouveau, bien supérieur en vitalité, démesuré quant à son aptitude à la survie honnête et consciente. Cet espoir réside dans le pouvoir donné à l'illusion collective du Surhomme naissant.

 

   C'est en acceptant, comme corollaire à la seule illusion consentie honnêtement (à savoir le sens de la vie), l'imminente avancée de la réalité du concept de Surhumanité, que dorénavant la quête d'un bonheur éperdu, seule quête résolument raisonnable, sera abordé avec toute l'honnêteté requise.

   Et l'homme acceptera clairement et consciemment, enfin, que sa recherche de l'heur le plus opportun puisse passer pour fondamental à l'ordinaire de sa vie.

   L'homme aura enfin atteint le niveau de conscience qui lui fera préférer l'honnêteté d'un raisonnement chaotique sur toute autre tentative de rigidifier la raison, la réalité subjective sur toute illusion d'objectivité.

 

   Finalement, ce que nous enseigne le système Entité-Dynamiques-Cycle, c'est d'oublier la divinisation a priori de l'homme, et d'apprendre à encourager l'expression de ce qu'il y a de supérieur dans l'être humain, pour le tirer vers le haut.

   La  lutte interne qui doit s'engager consiste en un affrontement direct entre la nature triviale de l'homme et ses valeurs portant à la supériorité de sa position dans l'Etre.

   L'homme, s’il veut caresser un jour le pouvoir de se Surhumaniser, doit conforter l'expression des aspects supérieurs de son être, il doit s'exprimer en tant que prétendant Surhomme, et combattre les effets triviaux de la nature, qui peuvent instamment s’exprimer à travers lui.

Par daphnis - Publié dans : Un rêve d'absolu
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Dimanche 11 janvier 2009

   Pour fonder mon système, je suis parti, à l’origine, de deux avancées notoires récentes de la science.

   L’une concerne la relation étroite existant entre une idée abstraite et son support matériel, le neurone, mis en évidence par la biologie moléculaire.

   L’autre concerne le mode de déploiement de l’entité Etre dont la particularité, à savoir qu’elle fait le choix d’une branche de développement conséquente à la faveur d’un détail de faible taille en regard de l’échelle employée pour étudier le phénomène, a été mise en lumière par la théorie du chaos.

   Ces deux phénomènes, mis en évidence récemment, amène l’homme à reconsidérer sa propre position dans l’univers.

   Il n’est donc évidemment pas cet enfant d’un dieu tout puissant à qui son père a offert la liberté de faire ce que bon lui semble, et ce qu’en quoi la morale judéo-chrétienne veut nous faire croire.

   Il n’est pas non plus l’incarnation d’une âme voyageuse que les années ont rendue plus apte à reconquérir un paradis total, ce qu’en quoi la morale bouddhique veut nous amener à croire.

 

   Non, l’homme nous apparaît plutôt comme un amas de matière biologique, aboutissement d’un processus chaotique, et qui par ce fait s’est mis à avoir conscience de son être et de l’Etre total.

   Il ne désire que persévérer dans son être, et assurer par cela la persévérance dans son être de la nature qui l’a fait naître.

 

   Cette prise de conscience de la trivialité de l’existence humaine, de l’inopportunité de la position de l’homme dans l’Etre, ne peut qu’amener l’imagination de l’homme à construire un concept favorisant la vie et reconduisant ainsi sa conscience à fomenter l’acceptation sans limites de la vie pour elle-même.

   Et ceci parce que la vie, même consciente, ne peut habituellement pas être portée à se détruire.

   Ce concept est dans ce cas l’avancée imminente de la Surhumanité.

   Et avec le concours de la raison pour la validation d’un tel système, celui-ci se présente ainsi aux entendements déjà sensibles au vide métaphysique qui les entoure :

   L’homme est issu de l’application de l’évolution naturelle sur un effet du chaos : la vie. Il n’y a pas de raison que le mouvement s’arrête, et il faudrait, qui plus est, que la prise de conscience d’un tel phénomène entraîne sa reprise et son accélération par les bons soins du principal intéressé, l’homme.

   Le produit de la reprise de l’évolution naturelle sur l’homme aboutit, par analogie aux phénomènes ayant eu lieu préalablement, au concept de Surhomme.

   Ce dernier serait donc ce vers quoi tout homme conscient absolument devrait tendre pour permettre au bonheur de s’installer en son sein, bonheur issu de l’élévation de son être provoqué par la tentation du Surhomme.

 

   Et mis à part la joie à retirer de la reconduction d’un ersatz d’évolution naturelle, rien ne justifie la vie de l’homme. Le seul but probant d’une vie d’homme doit être la recherche d’un bonheur entier, et rien d’autre, aucune autre illusion, ne doit venir en distraire l’entendement humain.

   La continuation de la vie avant la naissance et après la mort apparaît dés lors comme un concept dénué d’existence matérielle, une illusion issue d’un travail de l’imagination sans le contrôle de la raison.

 

   Pour faire rentrer l’entendement humain dans un processus de reconnaissance d’un pan de la vérité découvert par la raison servant la science, il faut mettre en place un système permettant l’accès aisé à cette révélation.

   Le système Entité-Dynamiques-Cycle est un moyen naïf mis en œuvre pour cette fin. Il permet, à l’homme qui le désire, d’entrer aisément dans la logique sus décrite.

   En adoptant cette méthode de reconnaissance de la place inopportune de l’homme dans l’Etre, l’homme prétendant à la Surhumanité connaîtra les bienfaits prodigués par cette révélation.

   En particulier, il effleurera la liberté totale originelle apportée par la mise en relation de la petite particule humaine et de l’Etre infini et global.

 

   Dés lors le but est atteint. La persévérance dans son être de la vie a lieu tout en acceptant de reconnaître la validité des faits récemment découverts, et qui contredisent entièrement le genre de croyances jusqu’alors consenties.

   La mise en place d’une morale réformée est alors engrangée dans la plus parfaite des conditions, la reconnaissance effective de la validité d’un tel système.

   Et l’homme peut donc concentrer toute son énergie à la quête d’un bonheur entier, à la quête des effets de la reprise de l’évolution naturelle vers les plaines inexplorées de la Surhumanité.

   L’homme qui recherche le Surhomme en lui connaît le bonheur, révélé par la lente ascension de tout son être.

 

   CQFD…

Par daphnis - Publié dans : De l'EDC à la morale réformée
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Samedi 10 janvier 2009

   C’est ainsi que je suis assailli du plus terrible des doutes. Et ma raison est à deux doigts de vaciller, et de tomber du côté du moindre effet.

   Mais je dois, il faut que je réussisse à raison garder, et affronter du mieux que je peux la si triste réalité.

   Car de là, en toute honnêteté, je pourrai affirmer au moins une fois dans ma vie ma puissance recouvrée, dans de si catégoriques circonstances.

 

   Voilà pourquoi, en ce jour donné, je vous écris avec toute l’éloquence grotesque que je défends à corps et à cri, dans le but de vous amener à faire acte de la plus simple euthanasie sur mon être.

   Et, pour palier aux tourments que le doute fait surgir en moi, je vous demande de bien vouloir permettre à une autre personne de vivre en lui donnant mes organes les plus vitaux.

   De plus, du fait que je désire ne jamais avoir conscience de la suite donnée à cet événement, je vous demande de bien vouloir réduire en cendre le siège de cette conscience qui m’a fait tant souffrir, de bien vouloir réduire en cendre mon cerveau et qu’il ne serve jamais d’objet d’étude, ses connexions internes ayant prouvé suffisamment leurs derniers désagréments définitifs.

 

   Je vous prie de bien vouloir prendre cette supplique avec tout l’indiscutable  sérieux qu’elle mérite, et de faire ce que votre conscience vous incite à faire.

   Je sais que le choix n’est pas facile, ou bien refuser en bloc et laisser perdre des organes qui auraient pu sauver une autre vie, et que le suicide certain va rendre impropre à quelque greffe que ce soit.

   Ou bien accepter la mort programmé d’un homme valide en évinçant de sa conscience toute tentative de sauvetage métaphysique.

   Je comprends que cela puisse révéler un paradoxe existentiel à votre entendement, et je m’appuie dorénavant sur votre jugement quant à prédire l’avenir de mon corps et de ses attributs.

 

   Je vous laisse, dès lors, en discussion avec les effets grouillants de votre conscience... »

 

 

 

   Mais si je me trompais !

 

   Si la quête effective d’un profond bonheur pouvait remplacer toute tentative d’expliciter l’utilité de l’Etre. J’aurais alors commis une faute de logique, simplement…

   Le système EDC, permettant l’acceptation de la révélation de la position inopportune de l’homme dans l’Etre, aboutit nécessairement sur la reconnaissance de l’absence d’indices portant à prouver que l’Etre est utile ou inutile.

   Et puisque la vie n’a d’autres desseins que de persévérer dans son être, pourquoi aller à l’encontre de ses prérogatives à l’égard des hommes ? Pourquoi vouloir à tout prix se dénaturer et combattre point par point les effets de cette nature qui nous a édifiés au cours de l’évolution historique ?

 

    Alors la solution d’une vie honnête, quant aux résultats du concours de la science à la connaissance de l’Etre, résiderait dans une approche utilitaire de la recherche du bonheur, seule quête honnêtement justifiable.

   Le Surhomme, bien entendu areligieux, un homme absolument conscient de l’Etre et de ses modifications, serait le dessein nouvellement reconnu de l’homme sensible au paradoxe de la vie, à savoir son utilité à persévérer dans son utilité.

 

   Ainsi la vie tente encore une fois de rectifier son erreur. Elle tâche d’instaurer, la persévérance dans son être malgré l’exacerbation de la conscience, la vie malgré la reconnaissance de l’anéantissement inéluctable.

   Et si elle y parvient, c’est tout au bénéfice de la vie humaine qui est en jeu.

 

   Il est impossible d’ignorer l’absence d’ambition réelle qui, chez l’élan vital, transparaît au travers de toute dynamique mise en œuvre pour sa persévérance.

   Alors pourquoi faut-il pourtant tenter encore une fois de chasser de notre conscience ce vide de sens qui s’accomplit en chacun de nous ?

 

   Pour vivre, assurément !

   Pour vivre de la plus heureuse des façons…

Par daphnis - Publié dans : Politique et morale
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Vendredi 9 janvier 2009

   Finalement, ça peut être le propre de l’homme de choisir le moment de sa mort. Et même, cela devrait être toujours le cas, car c’est le seul aspect de la vie qui donne l’impression de pouvoir être entièrement contrôlé.

   La mort programmée est l’unique moment de la vie où il semble que l’on peut gruger la nature sur son propre terrain.

   C’est une satisfaction pour l’homme de se sentir pour une fois supérieur à cette nature, tellement entreprenante dans d’autres temps pour instaurer la tyrannie qu’excite la persévérance dans son être.

   Enfin, cet homme se permet de défier celle qui est à l’origine de sa propre possibilité d’être !

   Du combat engagé envers la substance naturelle, à la naissance de la conscience de son être, l’homme permet par son geste suicidaire de laisser une impression de liberté, en regard de toutes les contingences naturelles, aux générations à venir, après son anéantissement.

   C’est le geste le plus absolu, parce que le seul véritablement de consonance libertaire, qui s’adresse, dernier sursaut d’absurdité, à ceux qui restent mais qui ne seront plus jamais en contact avec son auteur.

   C’est le geste de pure beauté esthétique, en cela qu’il incite le commun des mortels à s’impliquer dorénavant plus honnêtement dans la production de son propre bonheur pour l’instant présent.

 

   Car si on accepte cet état de fait, on se rend vite compte de la nécessité de produire matière à son propre bonheur à chaque instant de sa courte vie, pour pouvoir prétendre à la justification finale de son existence.

   C’est la seule condition valable qui peut amener l’homme à survivre. Toute forme de justification autre, telle que la religion, se révèle être des exemples de malhonnêteté intellectuelle et de fausses convictions prétendument productrices de bienfaits pour une vie à venir mais qui ne viendra dorénavant et clairement jamais.

   La religion entend réprouver la révolte métaphysique qui fomente en chacun des hommes conscients, pour permettre aux plus adroits d’installer leurs propres bonheurs dans cet unique monde. En cela la religion est haïssable.

 

   Et si la religion est haïe de tous, quel modèle d’explicitation de l’Etre va pouvoir la remplacer au chevet de la désespérance humaine ? Car il en faut un, au risque de voir retomber l’espèce humaine dans les obscurs chemins de la superstition.

   L’homme possède un besoin intime de combler l’absence d’explication plausible concernant son existence, par une armada de faits issus de l’imagination, et qui se développent hors de l’emprise de la raison. D’où la constance des religions et autres croyances en un au-delà.

   Le seul système plausible et honnête serait un système qui amènerait l’homme à concevoir la vulgarité de son existence en regard de l’étonnante variété d’entités mise à l’épreuve de la pluralité des faits du chaos.

   Il permettrait à l’entendement humain de recentrer son activité sur l’essence même de la justification de la vie, la persévérance dans son être au travers des nombreux instants de bonheur. Un tel système porterait l’homme à cultiver la prééminence de son propre bonheur sur autre chose.

 

   Et si cet homme rencontre de front l’incapacité à développer son propre bonheur, il devra avoir suffisamment de fierté pour tenter de prendre le contrôle de la situation, en en destituant l’inaliénable nature, et prouver par-là même l’exceptionnel du phénomène humain qui peut arriver à provoquer sa dénaturation.

   Ainsi extrait de la nature naturante, l’homme suicidé parviendra à la finalité de sa condition d’homme, à savoir prendre le contrôle sur la nature.

   Il rentrera dés lors, pour un instant, dans la caste des Surhommes, hommes absolument et honnêtement conscients.

 

   Voilà que se dévoile l’issu de mon raisonnement.

   Je suis, à ce jour, prétendant à la Surhumanité, contraint de reconnaître mon inaptitude au bonheur, et obligé pour signer ma requête de Surhumanisation de programmer mon propre anéantissement.

   Je reconnais qu’il s’agit d’un acte désespéré de reconquête, un instant donné, de la possibilité d’entrevoir le bonheur de devenir Surhomme, le plus haut degré de l’évolution.

   Mais tel est le cas où, ayant atteint un certain niveau de conscience, je me retrouve contraint d’appliquer mon ignoble théorie du Surhomme jusqu’à l’imminente éradication de cette conscience qui m’a fait tant espérer.

   Je ne peux plus reculer, je ne veux plus, maintenant que tout s’illumine à mes yeux, je ne peux que m’en réjouir et aller d’un pas fier et ironique vers ma désespérante disparition.

 

   Issue d’une conscience exacerbée, la dynamique qui me mène pas à pas vers le néant est logique et valide jusqu’à l’écœurement. Elle se sait misérable, mais d’un misérabilisme qui frôle la perfection.

   Elle amène l’homme qui la supporte à douter de la validité de sa démarche, car la nature, dans un ultime état de sa persévérance dans son être, ne peut accepter qu’une entité aussi infime soit-elle puisse désirer du plus profond de ses entrailles disparaître.

   Elle utilise alors l’un des moyens mis à sa disposition pour retarder indéfiniment l’instant où la soi-disant folie s’emparera du plus humble des éléments vivants, et l’amènera à contredire autant de certitudes vitales.

   La nature exploite le doute pour faire capituler l’homme qui se prend à rêver de la libération absolue de sa conscience méritante. Ainsi, le doute surgit au détour d’un postulat approximatif, et divise l’entendement humain pour que la raison naturelle puisse vaincre.

Par daphnis - Publié dans : Politique et morale
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Jeudi 8 janvier 2009

   Ai-je tout dit quand j’ai dit cela ? Ai-je participé à l’édification de cette cité bleue lorsque je m’avance à entretenir des croyances nouvelles par leur contenu, mais bien ancienne par leur contenant ?

   Suis-je suffisamment humain pour prétendre m’élever dans les distinctions divines et m’accomplir dans la Surhumanité ? Ou bien n’est-ce que le délire prodigué par mon imagination hors de l’emprise de ma raison, et qui tend à prouver que la vie a un sens ?

 

   Je me retrouve ainsi, dubitatif quant au réel, et confiant en un certain avenir qui pourrait bien produire un grand changement pour les hommes dans la façon d’envisager la vie.

   Il m’arrive d’être émerveillé par les possibilités de la production humaine, mais de plus en plus souvent j’appréhende les effets pervers de cette production.

   L’homme, semble-t-il, n’a de cesse d’opposer au sublime, la bassesse de ses instincts ancestraux. Il ne peut s’empêcher de déballer la masse des bénéfices engrangés par l’expression de ses instincts d’animal. Comme si la chaîne qui le rattachait à la nature ne pouvait être brisée !

   Pourtant l’homme veut, plus que tout, se dénaturer, rompre avec cette nature qui l’induit en ce qu’il pense être l’erreur conséquente au manque d’ambition absolue, à la carence de regards lancés vers le haut.

 

   A partir de l’instant où un homme entre en dissidence en ce qui concerne sa dépendance à l’être naturel, celui-ci décuple le particularisme de sa définition d’homme. Il exalte ainsi son humanité.

   Il est humain, pour l’homme, de vouloir arrêter l’engagement de la nature au cœur de ses actions. En cela, l’expression de cette révolte intrinsèque est légitime.

   Par contre, c’est la nature qui s’exprime à travers l’homme qui veut diaboliser les effets de cette révolte.

   En légiférant pour instruire des faits du chaos de manière chaotique, l’homme, à travers qui la nature désire reprendre ses droits, oubli malheureusement d’encenser ce qui fait de l’homme une exception, à savoir la conscience de sa liberté face à l’élément naturel.

 

 

 

   La découverte de la théorie du chaos a engendré un certain nombre d’effets néfastes à la survie de l’espèce humaine.

   D’abord, en aboutissant à la démonstration de l’existence du chaos derrière certaines évidences mathématiques, l’entendement humain a dorénavant rapproché la raison de l’apparente déraison.

   Ensuite, en amenant à l’esprit l’évidence de l’imprévisibilité précise du chaos, le découvreur de cet état de fait a plongé l’humanité dans un flou prévisionnel dont les chercheurs fondamentaux avaient toujours craint l’existence.

   Enfin, en apportant la preuve de la nature chaotique de l’Etre, la théorie du chaos a entrepris un bouleversement majestueux de l’approche qu’avaient les hommes de la substance totale. Elle a transformé l’impression souhaitable d’avoir la sensation d’un sens régissant par dessus tout l’Etre, en une inéluctable reddition aux préceptes de la déraison.

 

   L’accumulation de ces effets a provoqué, chez ceux qui en étaient conscient, un changement radical de l’opinion qu’il avait de l’Etre et de ses affects. Toutes les religions se sont retrouvées privées de la validité de l’axiome fondamental sur lequel elles reposaient toutes, à savoir l’existence d’un sens à la vie.

   Le mode de fonctionnement de la persévérance dans son être de la nature, le mode du chaos, a provoqué l’altération des croyances vitales de l’être humain.

   En réaction à cet état de fait, le vide ainsi créé peut malgré tout être comblé par l’enseignement d’un système explicitant la nature triviale et évolutive de l’homme, et l’incitant à promouvoir son propre bonheur avant tout.

   Ce système Entité-Dynamiques-Cycle, à force de réflexions menées sur le paradoxal être des hommes, à force d’abnégation, fondamentale à la survie de l’espèce, peut parvenir à nous inciter à concevoir clairement que ce sur quoi nous avons construit nos propres valeurs est anéanti par l’expérience de la suffisance des attraits de l’EDC pour vivre parfaitement heureux.

 

   Et même si ce nouveau système, qui s’appuie sur l’avancée scientifique entreprise depuis la découverte de l’existence universelle du chaos, apporte un cadre valide au bonheur humain, il est si difficile d’accepter de vivre au milieu du chaos qu’il est préférable d’avancer le moment de son propre anéantissement.

   Il est en effet agréable de connaître l’illusoire impression d’avoir l’entier contrôle sur au moins une facette de sa propre vie, à savoir sa mort, et de ne laisser aucun effets du chaos prendre la relève sur l’événement qui arrivera et ôtera la vie à ce ramassis de matière qu’est le corps humain.

   Ce plaisir illusoire est à portée de la main de tous les hommes, ils n’ont qu’à choisir le moment de mourir, au lieu de s’accrocher désespérément à la vie comme à une forme d’accomplissement pour une vie future.

   Vie future qui s’est depuis peu révélé être un fantasme proprement et foncièrement humain.

Par daphnis - Publié dans : Politique et morale
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