Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Mercredi 7 janvier 2009

   Dés l’instant où j’ai eu conscience d’un tel état de fait, mon instinct de conservation a réagis.

   Il est évident que nous ne pouvons pas vouloir délibérément mourir sans que la force vitale qui nous a amenés jusqu’alors à survivre ne se sente menacée, et veuille réagir en déployant l’arme la plus puissante qu’elle ait à sa disposition, les illusions, au travers des effets de l’imagination.

   Alors mon imagination a bien fonctionné, j’ai édifié pierre après pierre les murs de la forteresse qui me permettrait de me protéger des aléas du chaos, incarné dans ces organes que j’ai plaisir à donner alors que ma vie est encore active.

   J’ai construit un système permettant de justifier la survie de toute l’espèce. J’ai inventé un moyen d’expliquer la nécessité pour l’homme de juguler sa révolte métaphysique en se plongeant entièrement dans les bienfaits prodigués par la vie.

 

   Mais c’est encore une illusion issue du chaos qui s’exprime à travers mes actes. La vie ne peut pas justifier honnêtement son annulation.

   C’est grâce au support des illusions que la vie parvient à persévérer dans son être. La vie absolument, et honnêtement consciente n’aboutit que sur l’éradication de celui des êtres qui porte en lui le germe de cette vérité de l’Etre, dégoûtante vérité en fait.

   Et cela s’explique par le fait que l’élan qui nous anime tous n’a que faire du doute s’accomplissant avec l’avènement de la conscience absolu, il désire simplement s’affirmer dans la continuation de son élan.

 

   A partir de là, quelles conclusions tirer de cet amas de probabilité ?

   Probabilité, parce que j’ai toujours un doute, si infime soit-il, sur la véracité de mes postulats.

   La première, j’ai sans doute été trop loin, beaucoup trop loin dans mes investigations sur la nature de l’Etre, aveuglé probablement par la fierté de mon entendement à l’égard de ses possibilités.

   J’aurais du me méfier, et préférer la vie médiocre des gens heureux à la vie surprenante des curieux de tout, mais lourd de déceptions inéluctables.

   La seconde conclusion est d’énoncer l’impossibilité de retourner en arrière, de se réintroduire dans la vie normale des gens de peu d’intérêt et de beaucoup de foi.

   Je suis condamné à regarder vers le haut et à rechercher l’ultime soulagement de découvrir une justification plausible, même valide, de l’Etre et de ses affects.

 

   Or, j’ai beau me forcer à édifier de nouveaux concepts, tous plus habiles et plus compliqués, aptes à parvenir à la justification d’un système qui me dépasse, je ne peux pas trouver de clé pour l’interprétation d’un tel système.

   Alors peut-être que l’entendement dont je suis muni n’est pas assez évolué pour arriver à décrire l’unique loi qui contient en son sein les raisons nécessaires au fait que l’Etre soit, mais dans ce cas je préfère baisser les bras et disparaître plutôt que vivre avec le souvenir de ma définitive incapacité à expliquer l’accomplissement que représente la vie dans l’Etre.

 

   Je suis sans doute trop fier pour accepter mon erreur, et continuer à vivre dans la plus parfaite des inconsciences qu’il soit possible d’espérer pour vivre heureux. Mais si je suis devenu ce que je suis, c’est par l’entremise d’un certain état du chaos qui m’a produit et qui n’aurait pu produire autre chose.

   Je suis donc, et de façon inextricable, le fruit de tout ce qui m’a précédé, et j’ai peine à croire que je sois le seul être pour qui la conscience absolue soit le but ultime à atteindre pour toucher de l’entendement le bonheur d’être là.

 

   J’ose penser qu’un jour prochain d’autres formes de révoltes seront fomentées par d’autres être, qui sauront les mener à leurs termes pour en récolter toute la teneur en heur le plus opportun.

   Cela ne peut qu’arriver dans un délai relativement court, et cet instant béni des dieux, où l’homme en majorité connaîtra les affres de la conscience absolue, sera pour l’humanité l’aube d’un bouleversement tel que sa propre définition disparaîtra pour laisser place à celle, glorieuse et aimable au possible, celle tant attendue de la Surhumanité.

 

   Je me risque à espérer que ces temps sublime sont à nos portes, et que l’homme, dans un dernier sursaut de fierté, va entreprendre rapidement sa lente et définitive Surhumanisation.

   Car s’il persévère à aggraver la pente qui le mène à sa perte, il n’y a plus rien, plus aucune cause, qui pourrait rattacher encore l’homme conscient à la trivialité de la vie.

 

   Le jeu que l’être humain organise autour de sa vie, le ludisme qu’il exprime à travers l’ensemble de ses actions et de ses pensées, semble peu à peu compromis face à la néantisation des êtres et des affects.

   En effet, il est si difficile de regarder à la fois honnêtement et avec ironie la vérité de la position de l’homme dans l’Etre.

   Ou alors, voilà le fait d’un Surhomme majestueux et détaché de la désespérance engrené dans la reconnaissance, la clairvoyance, de l’état de l’entité homme.

   Mais il est trop tôt pour voir se manifester une telle organisation de chairs, un tel être. Il faudra attendre encore un peu.

 

   Malgré cela, je suis encore là pour écrire cette supplique.

   Il y a donc chez moi quelque chose du Surhomme. Ou bien est-ce la preuve de l’expressivité abondante de mon âme de débile léger ?

   J’aime à penser que je suis à l’extrémité la plus en vue d’une possibilité de l’évolution humaine, je suis en quelque sorte l’éclaireur qui ouvre une nouvelle voie par où vont pouvoir passer tous ceux qui ont pour habitude d’explorer l’inconnu en souriant.

   Je me faufile en dedans de la cité sublime, dont la porte s’est entrouverte pour laisser s’échapper le fumé goûteux des plaisirs promis par une telle conquête, et qui n’attend plus que l’aube pour se voir pénétrer de toutes parts par des hordes d’hommes en passe de se Surhumaniser.

Par daphnis - Publié dans : Politique et morale
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Mardi 6 janvier 2009

   Il y a trop longtemps que j’essaie de saisir ce qu’est la vie, en tant qu’être humain, à mon niveau de conscience. J’ai peur de comprendre.

   L’infini qui nous entoure de toutes parts, l’infiniment grand, l’infiniment petit, et moi, au centre, un homme conscient de lui-même et de l’Etre, chaque chose qui semble contrarier ma quête d’absolu m’est définitivement insupportable.

   Il ne semble rien avoir sur quoi asseoir les fondements d’une raison exacerbée par la présentation des possibilités que son être suppose.

 

   C’est pourquoi à présent j’écris ce que mains entendements ont eu la possibilité de faire, quand de toute leur puissance ils ont intégré la terrible et sublime révélation, vecteur d’une absolue liberté et d’une désespérance absolue.

   Cette intime reconnaissance, l’inopportunité de la position de l’homme dans l’Etre, sera semble-t-il l’ultime révélation offerte à l’humanité par un genre de conscience destructrice et finalement révocable.

  

   Ainsi, en ce jour bénit des quelques dieux qui subsistent, j’écris cette lettre à un adepte de l’altruisme gratuit, à un professeur émérite dispensant ses talents pour la continuation de la vie, à un transplanteur d’organes, à mon bourreau…

 

 

   « Monsieur,

 

   Cette lettre va vous paraître bien étrange, elle n’est curieusement que le fruit de mon évolution personnelle.

 

   J’ai décidé d’offrir mon corps à la science, mes organes au prélèvement, tous mes organes exceptés mon cerveau que je désire pouvoir imaginer réduit en cendre.

   Jusque là vous ne pressentez pas ce qu’a de particulier ma requête. Mais si je vous dis que j’entends mettre à disposition de la science mon corps dans l’instant immédiat, vous en saisissez toute l’originalité. (C’est, curieusement, la seule idée qui m’est apparu concrètement, afin de provoquer en vous, avec ce qu’il faut d’adresse pour que ça en devienne intéressant, les relents du doute absolu…)

  

   Je ne suis pas fou, bien au contraire, j’estime avoir atteint un certain niveau de conscience à partir duquel il m’a été possible d’effleurer l’idée de la position inopportune de l’homme dans l’Etre.

   Car j’en suis dorénavant convaincu, l’homme n’est que le produit du chaos qui le contient, et n’a d’autres desseins que de persévérer dans son être. Il n’y a rien de plus haut, de plus absolu, que cet état de fait.

 

   Le sentiment intime qui découle de cette singulière découverte est la désespérance la plus profonde. Je suis profondément désespéré. Et si j’ai décidé de mettre fin à ces éternelles journées d’introspection, c’est parce que la vie, avec toujours à l’esprit cet infâme sentiment, m’est apparue évidemment comme insupportable.

   La seule parade à cette désespérance est l’amour. Cette affection de l’esprit, donc de la matière, est la seule chose qui puisse sauver un être honnêtement conscient de l’Etre des tourments impliqués dans cette révélation.

   L’amour provoque l’oubli du vide métaphysique dans lequel l’individu est plongé. Il conduit l’homme vers un état de son être, ou il se retrouve occupé à de basses besognes salvatrices, productrices de bienfaits palpables.

   Mais l’amour, ce sentiment hissé au pinacle des vertus humaines, n’est finalement que la traduction, imaginée par l’homme, de l’instinct de survie exprimé dans l’attirance mutuelle de deux individus du sexe opposé, appelé ainsi à se reproduire et à provoquer la continuation de l’espèce.

   Ce n’est que l’expression de la nature désirant plus que tout persévérer dans son être.

   Difficile après une telle considération d’être enclin volontairement à découvrir l’être aimé.

 

   Singulièrement, j’ai voué ma courte vie à découvrir des vérités derrière les voiles levés par les illusions. Je me suis sérieusement attaché à anéantir ces illusions.

   Et ceci, pour découvrir, derrière la barrière protectrice offerte par ces produits de l’imagination, un vide de sens monstrueux, un vide d’absolu, contraignant l’être qui s’y aventure à retourner sur ses pas, et retirer le rideau de ces illusions, ou bien à disparaître aspiré par ce vide.

   Je suis trop fier pour accepter mon erreur et me replonger à corps perdu dans l’illusion. Je préfère garder la tête au-dessus de ces effets de l’entendement hors de l’emprise de la raison, et me résigner à la vérité de l’Etre sorti du néant. Je préfère m’accomplir dans mon propre anéantissement.

 

   Etant en possession de telles vérités, qu’est-ce qui m’incite, me direz-vous, à vouloir léguer mon écorce charnelle à ce futur qui n’entre pas en considération dans l’absence évidente de possibilité d’existence d’autre chose que moi après ma mort ?

   Et bien, c’est le doute. Car après avoir ôté toute trace de délires imaginatifs de mon raisonnement, les effets de ma raison se retrouvent encore confrontés au doute absolu.

   Suis-je suffisamment fou pour arriver par un raisonnement, que je prétends infaillible, à cet extrême, provoquer intentionnellement ma propre disparition de l’Etre et de ses affects ?

   J’ose considérer encore ne l’être point, mais dans le doute autant que ma mort serve la vie de quelqu’un de plus méritant que moi, quelqu’un dont la vie soit la chose la plus belle dont il ait été le récipiendaire, quelqu’un, enfin, qui veut vivre au-delà de ce que le chaos lui a réservé.

   Ma requête n’est pas celle d’un fou, mais au contraire celle d’un être que la clairvoyance a blessé dans le plus profond de ses chairs.

 

   Car je suis arrivé, au bout de mon périple, à cette intenable vérité, à savoir que la vie absolument consciente n’est pas viable. Et du fait de sa non-viabilité, je me vois contraint, au risque d’attaquer de front le paradoxe de ma vie, d’aller d’un pas fier vers ma propre destruction.

   La conscience, que j’avais considérée comme l’exemple même de la particularité humaine, m’est soudainement apparue tel un gigantesque usurpateur d’élan vital.

   Je pense d’ailleurs que, comme la vie s’applique à persévérer dans son être, elle va certainement arrêter ses expériences de conscience absolue sur les hommes, et se rabattre vers les exploits connus d’un accomplissement dans son devenir de la vie inconsciente.

   Dés lors que tous ceux qui auront palpé cette conscience maudite auront disparu, l’entendement humain sera contraint d’extruder sa puissance de vie sur d’autres chemins, d’autres affects, la conscience de soi malgré l’inconscience de l’Etre…

 

   Je me retrouve donc à l’extrémité d’un des développements de la vie, développement jugé non apte à soutenir sa dynamique ascensionnelle, développement condamné à subir la fermeture du passage ouvert par ses soins pour d’autres voies plus praticables.

   L’évolution de ma conscience s’affirme petit à petit comme un raté de l’évolution naturelle. Je suis à l’extrémité d’un chemin qui va s’arrêter à jamais, et les foules, entreprenantes de vie, vont s’élancer à la conquête d’autres possibilités de développement de l’arbre généalogique de l’espèce humaine.

Par daphnis - Publié dans : Politique et morale
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Lundi 5 janvier 2009

   Je suis en train de mourir. Je m'en suis aperçu alors que tout semblait correspondre dans mon esprit, dans mon corps sain. J'ai eu la révélation de ma propre décrépitude, l'impression prenante que tout mon corps partait en charpies.

   Et c'était vrai, mon corps se décomposait à si lente vitesse que mon impression était floue, mais il était en train de partir par petit bout, de se flétrir, de disparaître comme il était apparu.

   Comment accepter de disparaître, de s'anéantir au bout du compte ?

   J’ai la connaissance de la raison invoquée par le pan majeur de l’humanité, que c'est un phénomène normatif, mais qu'en ai-je à faire des normes quand c'est de ma propre disparition qu'il s'agit. Je ne veux décidément pas mourir. Je ne veux pas disparaître de la vie, de la réalité, du chaos...

 

   J'ai le droit à quelques années d’émancipation pour m'accomplir dans les actes dictés par le chaos au travers de mon entendement. Je n'en veux plus, je veux l'éternité, je veux la vie éternelle, et je l'obtiendrai. J'ai tant de choses à faire...

 

    Au lieu de cela, je m'applique dans chaque seconde à parfaire mon intime disparition. N'y a-t-il pas des raisons d'être désespéré ?

 

    II y a des questions qui ne trouveront de soi-disant réponses que dans les  affres d'une religiosité évanescente, dans les méandres d'une croyance en l'éternel. Mais en suis-je arrivé à croire en... je ne le pense pas...

    Je veux avoir la ferme conviction que tout ce qui nous entoure contient un sens qui est condamné à rester hors de notre porté. La vie s'implique dans des événements dont le sens reste à découvrir. Elle ne semble pas suivre un but supérieur. Si ce n'est peut-être la persévérance de l'Etre dans son être.

   Mais pourquoi ?

Par daphnis - Publié dans : Le doute absolu
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Dimanche 4 janvier 2009

   L’évolution s’inscrit indéniablement dans la suite de naissances qui apportent toutes leurs lots de mutations bénéfiques ou non. Le tri se fait par la suite, en fonction des problèmes rencontrés face aux aléas de la vie, les plus mal lotis n’étant pas apte à trouver matière à se reproduire.

   Cela se passe décidément de moins en moins comme il devrait. La morale judéo-chrétienne a compromis ce processus de perfectionnement du genre humain. Elle a développé et amplifié le sentiment de pitié chez ses adeptes, ce qui a remis en cause le processus évolutif des hommes en contraignant la vie à regarder de nouveau en direction des virtuellement inaptes.

   De plus, elle a invité les hommes à vivre pareillement, dans une même douce torpeur libératrice des instincts les plus sauvagement contraint, dégageant ainsi l’Etre de toutes les autres possibilités de découvrir un nouvel axe de déploiement vital.

   Ce qui fait de la morale judéo-chrétienne l’origine d’un mouvement contre évolutif notable.

 

   L’évolution de l’homme, au lieu de se construire au niveau moléculaire sur le choix de gènes prometteur, se construit en fait, petit à petit, à un autre niveau, à un degré plus abstrait.

   Le changement qui s’opère a lieu au niveau de la somme et la précision des connaissances enseignées au nouvel homme plus qu’à celui de l’évolution de ses gênes. Ainsi, c’est une évolution sur la teneur du contenu qui a lieu relativement rapidement. Le contenant lui ne change pas ou peu.

   C’est un fait, comme tous les autres d’ailleurs, qu’il faut maintenant assumer consciemment, et réorienter dans une optique de bonheur maximal.

   Les recherches concernant la génétique humaine permettent d’envisager par exemple une émulation de l’évolution naturelle par l’outil génétique contrôlé.

   Pour ne pas à avoir à faire le choix impossible du retour en arrière, et conserver à l’altruisme sa place fondatrice des communautés humaines, et pour accélérer le processus naturel dans l’espoir d’y gagner en qualité d’heur, la solution peut éventuellement se situer dans les mains des généticiens qui ont le pouvoir de tirer vers le haut, d’améliorer le genre humain en organisant par exemple un ersatz de sélection naturelle. Pourquoi pas ? Qu’est-ce qui peut bien nous en empêcher ?

   C’est ainsi, par l’organisation d’un eugénisme général appliqué à tous les groupes ethniques, que l’on pourra éventuellement recouvrer un accès à l’évolution, et par conséquent au bonheur total du fait de l’amélioration effective de l’être des hommes.

   Il ne restera plus qu’à essayer d’oublier les préceptes dépassés, enseignés par la définitive religion, pour se permettre d’instaurer une nouvelle morale, une morale réformée, et enfin commencer une quête primordiale du bonheur réellement immédiat, pour envisager avec plaisir les quelques années qui nous séparent de notre propre anéantissement.

 

 

   Ainsi,

   Ainsi, la présentation des textes qui suivent n’a pour autre finalité que de vous conduire à la révélation de la place inopportune de l’homme dans l’être, et à l’intégration des buts et des moyens existants pour vivre plus heureux dans ce monde définitivement chaotique.

   Car tel est le cas, et nous n’y pouvons décidément rien, le processus de déploiement de l’Etre est le chaos, et nous sommes compris, sans que nous puissions rien y faire, dans l’omniprésence de ce chaos.

 

   Il est clair que le jeu de l’esprit préconisé par le système Entité-Dynamiques-Cycle ne repose que sur un travail intuitif de la conscience sur elle-même et sur l’Etre dans son entier. Mais cette intuition doit être guidée par l’éclaircissement qu’entend être ce livre à l’égard de la réalité.

   Le début d’explications qu’il entend proférer à l’égard des attributs de l’Etre ne se conçoit validé que dans l’optique de faire évoluer la métaphysique des hommes vers une perception honnête des choses.

   A chacun ensuite le droit et le courage d’emballer cela de mille et une façon possible afin de s’en servir comme fondation honnête à son éthique de vie.

   Toutefois, deux points importants résisteront au dénaturement prodigué par l’emballage : tout d’abord la liberté absolue révélée par la prise de conscience de la trivialité de l’existence humaine au milieu du chaos, ensuite la volonté de reprise de l’évolution naturelle inculquée par l’acceptation des faits relatifs au déploiement de l’entité vivante au travers des âges.

 

 

 

   L’accès à la vérité, que s’emploient à préparer les biologistes qui travaillent sur la relation étroite qui régit les rapports entre une pensée abstraite et la matière, sous forme de molécules carbonées, nous apporte le corollaire à la révélation de la place inopportune de l’homme dans l’Etre, à savoir que nous ne sommes que de la matière rendue consciente pour un temps donné.

   Cette étrange vérité, que ces hommes attachés à leur domaine d’investigation cherchent à mettre en évidence, peut être fatale à des consciences exacerbée qui n’aurait pas eu accès aux projets constructifs faisant suite à cette désormais inévitable révélation.

   Il faut donc, il en est encore temps, éduquer les hommes en les préparant à accepter l’évidence, dans l’optique d’un projet sublime d’avenir.

   Il faut surtout les empêcher de régresser en fuyant du côté des illusions salvatrices et ivres de facilité, productrices de stabilité évolutive, et donc instigatrices d’une possibilité médiocre de bonheur.

   Au contraire, il faut les entraîner à décupler les effets de leurs consciences pour qu’enfin ils pénètrent fièrement dans les territoires inexplorés de la Surhumanité, évidemment encore une illusion, mais cette fois-ci convenue et consciemment acceptée à des fins bénéfiques.

 

   Pour que le troisième millénaire ne soit pas un millénaire jonché d’illusions traîtresses, cancers de la raison, il faut que les hommes soient consciemment convaincus de la chance qui leur est offerte d’accéder à un bonheur profond et parfait, en cultivant une reconnaissance honnête de leur position dans l’univers.

   C’est dans ce cas, et simplement dans ce cas, que les hommes pourront vivre heureux avec la conscience au fait de la trivialité de leur être, menant leur corps à la recherche d’un heur des plus opportuns, le plus souvent possible.

 

 

 

 

   Dés lors,

   Dés lors, je vous invite à débuter la lecture de ces textes que j’offre à votre compréhension, et à voir si leur intégration peut vous permettre d’entrevoir la validité du concept de Surhumanité.

 

   Si tel est le cas, vous aurez fait le premier pas vers une reconnaissance honnête de la position de l’homme dans l’univers, et vous serez prêt, j’ose imaginer, à faire le pari de l’humanité supérieure…

Par daphnis - Publié dans : Réflexions compromettantes
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Samedi 3 janvier 2009

   Il est donné comme évident que la question du bonheur des hommes ne peut que m’être posée dans la période de conscience de ma propre vie.

   C’est pourquoi je fais la proposition aux hommes qui veulent tendre vers quelque chose de plus haut, qui veulent connaître un bonheur plus grand, de tenter l’expérience de l’aspiration à la Surhumanité, en acceptant de se prêter au jeu de l’EDC pour réussir à s’approprier la révélation de leur position inopportune dans l’Etre, et parvenir à s’imaginer ériger les fondations d’une humanité supérieure.

   C’est par ce moyen particulier de reconnaissance honnête de la vérité, que l’homme pourra envisager l’Etre sous son vrai visage, et construire les bases d’une vie en commun différente de celle apportée voilà deux millénaires par la peur du vide métaphysique, et qui, s’appropriant le concept de la vie éternelle, a reculé jusqu’à le faire disparaître l’accès réel au bonheur concret d’une grande partie des hommes.

 

   Maintenant que la science a apporté son travail de désacralisation et de rationalisation des phénomènes naturels, le temps est venu de fonder les bases de notre vie en communauté sur des vérités nouvellement découvertes, recadrant ainsi ces bases sur notre niveau de connaissance actuel de l’Etre.

   Il est raisonnable, et dans la suite logique du déroulé chaotique, de s’avancer à reconsidérer ce que plusieurs millénaires de pratique ont rendu de prime abord incontestable.

   C’est le développement d’une branche de l’expression du chaos qui va s’interrompre lorsque les hommes, d’un commun accord, décideront, après avoir reconnu l’inopportunité de leur position dans l’Etre, de croire en l’avènement de la Surhumanité.

   La fin de la prépondérance de la religion dans la justification de l’existence des hommes sera le signe de l’imminente arrivée dans le giron des consciences humaines du concept d’humanité supérieure.

   Et l’idée de ce concept ne pourra qu’inciter les hommes qui en auront conscience à tendre vers la perfection de leurs genres pour préparer virtuellement l’accession au rang d’entité existante du Surhomme, et effleurer enfin l’absolu d’un bonheur, si ce n’est total, du moins particulièrement élevé.

 

 

 

   Il y a actuellement un décalage entre ce qu’on sait sur l’Etre et ses attributs, et ce qu’on voudrait qu’ils soient, perceptible au travers des religions et autres légendes.

   C’est ce décalage qui porte à restreindre la perfectibilité de l’homme en impliquant celui-ci dans une dynamique d’emploi de certaines illusions à des fins protectrices.

   L’homme, par exemple, qui se reconnaît détenteur de la vie éternelle, n’a dans l’absolu qu’à attendre les bienfaits prodigués par la reconnaissance par un géant anthropomorphique de la conformité de sa vie à la médiocrité reconnue.

   Et par ce fait, il ne fait rien durant sa vie qui puisse faire progresser la perfectibilité de son espèce, vu son inaptitude à tenter l’originalité, créatrice de nouvelles données susceptibles de faire évoluer la morale, ou tout autre attribut de son être.

   C’est cette probable dégénérescence annoncée qui est à combattre. Il faut que l’homme retrouve la volonté de puissance qui en fait un expérimentateur né. Il faut qu’il ait le courage de se tromper de moyens pour atteindre un même objectif, son propre bonheur. Il faut lui redonner l’envie de crever les écrans protecteurs de la morale en vigueur, pour essayer d’autres choses.

   C’est ainsi que l’homme engrangera à nouveau sa dynamique évolutive ascendante. La nature faisant son choix dans les multiples possibilités qui lui seront alors proposées.

 

   Car il est temps de sortir de la léthargie dans laquelle nous ont tenus enfoncé les religions. Il est temps de relever la tête, et d’avancer fièrement vers l’avenir que nous a gracieusement préparé le déroulé chaotique de l’Etre.

   C’est par le choix entre diverses possibilités, diverses originalités, mises à l’épreuve de la réalité, de la vie, que l’évolution humaine pourra prétendre à la perfection approchée de près en près, et sera apte à présenter un extrait de son ultime niveau pour un temps donné, le Surhomme.

 

   Le Surhomme et la Surhumanité sont finalement ce vers quoi l’homme et l’humanité doivent tendre si la prise de conscience de l’unicité catégorique de la vie a lieu.

   Car, en prenant conscience du fait que la vie lui est offerte à l’unité, l’homme, en passe de se Surhumaniser, prétend la mener à son terme dans l’ascension durable et continue de son être. Ce qui lui procurera un bonheur inégalable.

   Cette ascension ne sera valable que si elle entraîne par cela la perfectibilité de toute l’espèce, en offrant à l’Etre vivant matière à choisir dans la multitude des possibilités, celle qui sera la prochaine étape du devenir humain.

   Il faut donc oublier la peur de mal agir, enseignée par la religion, pour retrouver les chemins de sa propre perfectibilité, et par extension la perfectibilité de l’espèce humaine dans son intégralité.

 

   Le trajet que je vous propose de suivre est le même qui m’a conduit à reconsidérer les bases de la morale judéo-chrétienne.

   Celles-ci me sont apparues très tôt comme dénuée d’une solidité absolue, et j’ai souhaité m’aventurer aux confins de ces fondements pour en tester l’aptitude à soutenir tout l’édifice forgé depuis deux millénaires sur le fer d’une crainte métaphysique.

   Cette aventure m’a conduit là d’où peu d’hommes ont réussi à revenir. Moi-même, j’en suis revenu grâce au merveilleux dysfonctionnement d’un outil.

   C’est pourquoi, ce à quoi je vous ai convié, si votre entendement vous permet de percevoir la substance secrète de ces textes, tendra à vous mener à la plus profonde désespérance si vous oubliez d’accéder au dénouement heureux de cette quête cognitive.

 

   Seulement, je n’ai pas désiré vous offrir les moyens de justifier votre pessimisme naturel, au contraire, j’ai souhaité construire sur la base d’un fondement honnête, les fondations d’une possibilité de vivre dans le plus profond bonheur.

   Cette quête a abouti sur un concept plutôt novateur, celui d’humanité supérieure, celui de Surhumanité. C’est à la fois honnête d’imaginer le niveau supérieur de l’humanité, en regard de tout le travail que l’évolution a effectué depuis l’apparition de la vie, et optimiste de l’imaginer être à notre portée.

   Car voilà la particularité de mon acceptation du terme de Surhumanité, elle permet à tous ceux qui en éprouvent le besoin d’y prétendre.

   Elle permet à ceux qui ressentent le rôle primordial joué par la continuité de l’évolution dans la possibilité d’apprécier les valeurs de l’heur positif, de s’immiscer consciemment dans un processus de reprise de l’évolution pour se permettre d’envisager accéder à un niveau d’être supérieur, et à ce qui l’accompagne, un bonheur relatif mais entier.

   Il faut, pour que l’humanité entière ait accès à un profond bonheur, reprendre les chemins de l’évolution, nécessité par la reconnaissance universelle de la position inopportune, mais lascivement mobile, de l’humanité dans le cosmos.

 

   A partir de l’instant où ce travail introspectif de la conscience, révélant la place inopportune de son contenant, est effectué, la liberté originelle recouvrée, il est permit à l’homme qui en est l’instigateur de s’appliquer à rechercher son propre bonheur au milieu des autres.

   Et c’est par cela, en découvrant sa propre liberté d’effectuer des actes bénéfiques à son être, que cet homme va proposer à la vie un grand nombre de possibilité d’étalement là où la morale judéo-chrétienne en avait restreint le nombre.

   En étant imprudent, en se permettant de faire des erreurs, en regard de ce que la vie choisira comme secteur de déploiement, l’homme nouveau, le prétendant Surhomme, disposera de la matière aux vues de la vie pour que celle-ci puisse choisir, par l’entremise du chaos, la voie de son étalement dans la réalité.

 

   C’est ainsi que s’annonce l’indéfectible ambition de tout être humain, celle qui l’amène à survivre dans un monde chaotique, l’ambition de voir sa progéniture s’accomplir dans l’Etre à un niveau supérieur au sien propre.

   Cette aspiration au bonheur inégalable de ses enfants est un indice sur la validité d’un système qui place le bonheur, par la reprise conséquente de l’évolution, au pinacle de ses préoccupations.

Par daphnis - Publié dans : Réflexions compromettantes
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