Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Dimanche 28 décembre 2008

   La Surhumanité est un état de l’être qui n’a pas à être atteint pour distribuer des bienfaits, du contentement, aux hommes qui la pensent comme valide et probable.

   A partir du moment où la dynamique qui concourt à son instauration est engrangée, l’idée de la Surhumanité provoque l’heur le plus opportun chez les hommes qui la pense de manière introspective comme un idéal à atteindre.

   La Surhumanité incarne à elle seule, la conscience absolue de la position des hommes dans l’être, l’irrésistible élan perfectionniste qui s’insère dans leur conscience.

   C’est par l’enseignement de la haute et ultime valeur prêtée à la conscience raisonnable, que la Surhumanité pourra être instaurée, dans les entendements des prétendants Surhommes, comme une idéologie probatoire du sens de la vie.

   C’est ainsi que la mise en branle de tout le système de pensée qui y est accolé, provoquera un retentissement légitime dans les communautés humaines, qui auront eu conscience de l’effet bénéfique de ce système sur leur heur.

 

   La place inopportune de l’homme dans l’être est la révélation à l’origine du concept de Surhumanité.

   C’est en concevant au plus profond de lui-même la nature dérisoire, en regard de l’étendue de l’Etre, de l’existence humaine, que l’homme qui aura choisit honnêtement et consciemment la tentative de la Surhumanité connaîtra un bonheur issu de la liberté reconquise sur l’éternel chaos.

   Plus guère contraint d’appliquer le bien arbitrairement reconnu comme tel, si ce n’est par des lois librement consenties, l’homme sera libéré de toutes les forces agissantes contre son gré.

   Il acceptera de suivre les lois qu’il a validées dans le vote ou par habitude, mais au-delà de ces lois il recouvrera sa liberté originelle débarrassée des simulacres d’obligations morales préconisés par les religions ou autres diktats moraux.

 

   La conscience absolument libérée, le Surhomme en devenir pourra consacrer les travaux de son entendement à construire pas à pas son bonheur individuel, au milieu du bonheur érigé par des lois dégagées d’une certaine conception de l’obligation morale, à savoir la référence à un ordre préétabli.

   Car, de l’idée de l’édification de la Surhumanité, découleront de nouveaux concepts légaux établissant enfin l’homme comme la liberté incarnée au milieu du chaos en devenir.

  

   Le prétendant Surhomme a conscience de la définition de la Surhumanité comme suite logique, intrinsèque, de l’humanité dans le chaos géométrique qui lui sert de niche environnementale.

   Il est conscient de la trivialité d’une telle analyse. Mais il la mène à son accomplissement, car le bon heur qui en résulte est bien supérieur à celui découlant de sa nullité.

   Le Surhomme inspirera la persévérance dans son être du chaos, au travers de la Surhumanité, en permettant à ses pairs d’effleurer un bonheur toujours croissant. Ce bonheur est enclin à résider dans le sentiment diffus d’appartenir à la caste la plus évoluée du monde humain.

 

   La liberté qui découle de la révélation de la position de l’homme dans l’Etre contribue aussi à contenter le bonheur du Surhomme.

   Puisque par la reconnaissance honnête, par sa conscience, de la position triviale de celle-ci, il se retrouve libéré des astreintes de la morale non réformée. L’homme atteint ainsi un état où la liberté devient un concept illusoire mais palpable, la Surhumanité.

 

   La Surhumanité est donc largement enviable par le commun des mortels, et elle devrait très certainement devenir l’ambition des hommes aptes à intégrer les concepts bénéfiques, apportés par celle qui s’annonce, heureusement, comme une humanité composée d’êtres tous conscients absolument.

 

   Pour l’atteindre trois choses sont indispensables.

   La première est la rupture avec certains des préceptes moraux enseignés par les religions, ceux qui, en effet, sont incompatibles avec les enseignements de la morale réformée.

   La seconde est l’honnêteté intellectuelle requise pour affronter la révélation de la trivialité de l’être humain au milieu du chaos, elle est nécessaire pour pallier au réveil de l’instinct de survie qui s’exprime à travers un lot d’illusion.

   Enfin la troisième réaction indispensable est d’avoir la force de dépasser le désespoir latent répandu par cette révélation. L’homme devra, en effet, dépasser la première de ses réactions, la prétention à se sentir perdu dans l’immensité chaotique, incitée dans cette voie par la découverte de sa désespérante position dans cette immensité.

   Ainsi il pourra entrevoir les apports bénéfiques de ce courageux bouleversement à son vulgaire parcours vital.

Par daphnis - Publié dans : De l'homme au Surhomme
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Vendredi 26 décembre 2008

   Je suis en train de mourir. Je m'en suis aperçu alors que tout semblait correspondre dans mon esprit, dans mon corps sain. J'ai eu la révélation de ma propre décrépitude, l'impression prenante que tout mon corps partait en charpies.

   Et c'était vrai, mon corps se décomposait à si lente vitesse que mon impression était floue, mais il était en train de partir par petit bout, de se flétrir, de disparaître comme il était apparu.

   Comment accepter de disparaître, de s'anéantir au bout du compte ?

   J'ai la connaissance de la raison invoquée par le pan majeur de l'humanité, que c'est un phénomène normatif, mais qu'en ai-je à faire des normes quand c'est de ma propre disparition qu'il s'agit. Je ne veux décidément pas mourir. Je ne veux pas disparaître de la vie, de la réalité, du chaos...


   J'ai le droit à quelques années d'émancipation pour m'accomplir dans les actes dictés par le chaos au travers de mon entendement. Je n'en veux plus, je veux l'éternité, je veux la vie éternelle, et je l'obtiendrai. J'ai tant de choses à faire...


    Au lieu de cela, je m'applique dans chaque seconde à parfaire mon intime disparition. N'y a-t-il pas des raisons d'être désespéré ?


    II y a des questions qui ne trouveront de soi-disant réponses que dans les  affres d'une religiosité évanescente, dans les méandres d'une croyance en l'éternel. Mais en suis-je arrivé à croire en... je ne le pense pas...

    Je veux avoir la ferme conviction que tout ce qui nous entoure contient un sens qui est condamné à rester hors de notre porté. La vie s'implique dans des événements dont le sens reste à découvrir. Elle ne semble pas suivre un but supérieur. Si ce n'est peut-être la persévérance de l'Etre dans son être.

   Mais pourquoi ?


Par daphnis - Publié dans : Le doute absolu
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Jeudi 25 décembre 2008

Je rêve que l'antre de Tristan

Le Surhomme aux milliards d'yeux bleus

Soit à ma portée d'homme solitaire et infime

 

Et que dans son absolue révélation

Outrancière comme il se doit

II parle du bonheur comme d'un sceau

 

Heureux seront les hommes qui

Comme moi auront flatté l'âtre étincelant

Des prémisses de la Surhumanité

 

Je voudrais que tout ceci soit écarté

D'un songe révélateur

De la plus profonde de mes envies

Et qu'il s'étale au réel comme un chat

 

On ne pourra jamais me reprocher

De n'avoir pas essayé de ramener mon songe d'absolu

Au niveau de la difficile réalité

 

Et si j'envie les seigneurs

Qui de leur doigt ont fait un pays

C'est à cause de leur charisme originel

Et de leur sublime force d'entrain

 

Euphorie d'un instant tellement dénaturé

Qu'il est par-dessus tout apte à rentrer dans l'enclos

Où se reposent les traiteurs d'ordre

 

Je

Ne veux pas qu'un dogme puisse apparaître

Aux frontières de ma cité bleue

Et qu'un lien s'incarne pour les castes inférieures

Dans les petits rois d'une indicible royauté

 

Chacun peut prétendre entrer de fierté et de grâce

Dans les landes saphir de l'inconnu qui se révèle être un inconnu charitable

Car il accueille tous ceux qui veulent briser les chaînes

De leur appartenance au...

 

Voilà bien toute la force d'une dynamique ascendante

Qui s'élance à l'assaut de deux milles ans de peur

Et d'espoir en ce qui n'est pas

 

On ne peut pas ressusciter les morts sérieusement

En opérant une dynamique de l'espoir

Et intenter un procès au devenir humain

Qui s'élance dans toutes les brèches ouvertes

Par le besoin de connaître

Qui qualifie l'homme dont la conscience est apte

A s'ouvrir sur d'autres horizons, des horizons purs, des horizons bleus

Par daphnis - Publié dans : Avant la morale
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Mercredi 24 décembre 2008

   L'Etre est par nature chaotique. L'homme est situé dans l'Etre, il connaît l'illusion de sa propre liberté. L'homme a donc l'illusoire possibilité de choisir de conforter son appartenance au phénomène chaotique, ou bien de rompre avec lui.

   Tout homme fait la rencontre de ce choix fondamental au cours de sa vie. Seulement s’il a de grandes chances de le faire de manière inconsciente, c'est parce que son entendement n'est pas suffisamment prêt à intégrer la substance de ce choix.

   C'est pourtant le choix qui va le qualifier d'homme s'inclinant aux préceptes de la raison ou de l'illusion, et cela mériterait que la conscience s'y attarde un peu plus.

   Mais si l'entendement s'implique suffisamment ouvertement dans ce choix, alors ce dernier disparaît pour laisser place au doute absolu, annonçant en cela la probable émergence de la conscience du Surhomme naissant.

     

   C'est à partir de ce choix, de faible portée en apparence, que l'homme va être enclin à dédier sa vie aux avantages visibles du fanatisme de la raison ou de la religion, et donc à se battre pour eux.

 

   On remarque qu'à l'origine de ces conflits ne se trouve qu'un choix en apparence bénin.

   C'est en effet la marque du chaos environnant, qui fait qu'un événement d’apparence sans importance provoque, par l'entremise d'intermédiaire dilatant petit à petit le phénomène, un événement important, fondamental dans la vie de ceux qui le subissent.

   Et ça n'est pas contrôlable dès que l'enchaînement a débuté. Mais le phénomène peut semble-t-il être stoppé à la source.

 

   En évitant que des hommes fassent ce choix arbitraire de savoir à quel idéal se vouer, on éviterait par cela nombre de conflits d'intérêt.

      

   II faut  pour cela éveiller les consciences  au  fondement de  leurs  discours. 

   A partir de l'instant ou l'entendement tient une réflexion sur les germes de son inclination à la raison ou à l’illusion, le doute réparateur apparaît, et la perte de valeur évidente du choix s'installe pour permettre à l'entendement d'envisager toutes les  formes  de son accomplissement  dans  des  actes  préétablis.

   L'homme dont l'entendement a fait ce travail ne sera plus porté à s'opposer à ses semblables qui n'aurait pas, à priori, fait le même choix.

 

   II faut donc éduquer les consciences, c'est-à-dire les rendre plus aptes à douter de leurs instincts.

   En apprenant qu'il y a autant de raison de se porter vers la religion que vers la raison absolue, l'homme se met à douter du bien-fondé de sa position. Et c'est ce doute réparateur qui va conduire sa conscience vers les portes de la Surhumanité.

   L'homme, qui réalise qu'être porté naturellement d'un côté ou de l'autre des fonctions de l'entendement humain, à savoir la déduction lucide ou l'imagination, c’est édifier la forme prépondérante de l'affirmation de son histoire, est enfin prêt à se modifier en Surhomme.

     

   Ce n'est pas tout, ce doute ne suffit pas. II faut encore que cela débouche sur la construction d'une nouvelle éthique de vie.

   Débarrassé des artifices de la religion, mais aussi de l'évidence prééminente de la raison absolue, l'homme ainsi dégagé peut dorénavant avancer librement de nouvelles fondations à sa morale.

   II a reconquit sa liberté originelle, ce qui lui permet de se risquer naïvement à produire des concepts originaux parvenant à rendre probable l'avancée de la Surhumanité.

 

   Car tel est le but à atteindre maintenant que l'ancien système se retrouve entrouvert, et que son fonctionnement intime est offert à la compréhension de tous, reprendre le cours de l'évolution humaine jusqu'à atteindre un nouveau palier, le Surhomme.

Par daphnis - Publié dans : De l'EDC à la morale réformée
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Mardi 23 décembre 2008

    II y a, dans la vie inconsciente, un élan qui perdure par delà les années, une dynamique ascendante qui a du mal à  s'identifier au sein d'une conscience de l'être, une sorte d'élan vital inconscient.

   Que va devenir cet élan quand la plupart des consciences seront devenues acérées ? II est permis de penser que la nature va trouver un moyen de perdurer dans son être sans, c'est à espérer, privilégier la classe la moins consciente de l'humanité.

    La nature va devoir composer avec le fait que la conscience, extremum de l'évolution, n'apporte pas les éléments nécessaires à une survie de l'organisme. La vie consciente n'est pas viable.

   La nature se devra donc d'orienter l'entendement humain de façon à ce que la conscience soit réhabilitée dans une optique de viabilité. En d'autres termes, l'homme devra concentrer l'objet de sa conscience sur ses aptitudes à vivre, sur les dynamiques vitales propres à son espèce.


    Ce qui caractérise les dynamiques vitales propres à l'espèce humaine est sans doute un niveau d'intégration situé à mi-chemin entre l'action et la réflexion, une idée de l'action qui a pour particularité de prévoir dans le temps les modalités d'application d'un acte.

    Et la conscience qu'on a de ses actes n'a que peu de rapport avec la conscience de l'Etre total. C'est peut-être bien la solution ! La conscience, tout en s'accroissant, va s'orienter sur les actes, sur la justification des gestes et des intentions humaines. La conscience de l'Etre, elle, va être mise de côté.


   C'est en fait d'une conscience décalée que risque de se munir l'homme de demain, une conscience amputée d'un grand pan de son identité, une conscience ramenée dans les dédales d'une prévisibilité hissée au rang d'honneur par des hommes avides de vitalité !          


Par daphnis - Publié dans : Du chaos naît la conscience
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