Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /2009 10:50

   Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

 

   J’en ris, parce qu’il faut bien rire de ce que l’on ne comprend pas. Ou plutôt de ce que l’on commence tout juste à comprendre. Une forme d’ironie est bien nécessaire dans de tels cas, pour fomenter sa compromission à l’élan vital...

   Mais avant tout, avant de laisser place au rire réparateur, il faut oser attaquer de front l’âpreté d’un concept délibérément destructeur. Il faut encourager cette confrontation directe. Il faut agiter cet extrait d’esprit pour qu’il rende tout ce qu’il contient de probant, de véridique et de convaincant. Il faut l’agresser, pour réussir à s’élever enfin, et s’insérer entièrement dans l’espace incertain de notre courte vie…

   Délire futile de celui qui croit encore en un sens général à tout ça…

 

   Au moins toutes ces allégations ne semblent avoir qu’une réalité abstraite. Et je suis vivant. Et je peux concevoir mon entropie, mon agitation interne. Je peux expérimenter des divagations étranges. Je peux concevoir clairement la substance de ces soi-disant vérités inaliénables.

   Ou du moins, tout me porte sensiblement à le croire...

 

   Et voilà certainement la seule certitude que j’arrive désormais à cerner, la seule conviction que j’arrive à extraire de mon mélodieux parcours d’élucubration intense. Je suis vivant, et je compte bien en profiter le plus longtemps possible. Et je compte bien me servir de cet incontestable atout, pour m’attirer les bienfaits d’un bonheur inconditionnel et sublime.

 

   Mais pourquoi alors, en ces temps réputés réservés à la jouissance des apports vitaux, est-ce que j’ose me poser pour écrire cet amas de propos prétentieux, bien trop fier encore, peut-être un peu trop fourni aussi, écrin d’un délire bien affûté ?

   Ne ferais-je pas mieux de m’occuper en priorité de l’instauration des nombreuses et souhaitables occurrences de mon propre bonheur ?

 

   Néanmoins, ce qui apparaît certainement, par delà les lignes alignées de mon écriture mécanique, c’est le fait indéniable que j’ai à l’esprit l’envie et le besoin de faire partager cette profonde progression que j’ai osée commettre dans l’extrait de la conscience humaine qu’est ma propre conscience.

   Désormais la cause de cette reconnaissance devra toujours être élevée, de force s’il le faut, au pinacle de mes préoccupations !

 

   Oui ! Je veux vous ouvrir l’esprit aux principales conséquences de la terrifiante révélation dont j’ai été l’innocente victime.

   Oui ! Je veux vous amener à concevoir honnêtement et consciemment la valeur inopportune de la position de l’homme dans cet Etre, dont la possibilité d’apparaître ainsi, franchement, nous est tenue à l’écart par la mainmise terrifiante de la toute puissante nature chaotique.

   Enfin, c’est à peu près ça …

 

   Finalement, je me mets lentement à croire en la destinée heureuse de mes sournoises constructions mentales.

   Car il n’y a, me semble-t-il, aucune possibilité pour mon être de s’étaler dans le présent avec une sublime et suffisante ferveur, sans que mon corps cherche à introduire, dans toutes les consciences éclairées, la possibilité d’être du niveau supérieur à l’homme dans les strates de l’évolution, du Surhomme et de son abstraction résolument abstraite, la Surhumanité.

   Quoi qu’en disent les installés, ceux qui ont réussi à introduire leur ego dans les rouages incontrôlables de la divine société actuelle, un tel ordonnancement d’idée mérite d’avoir sa place au sein des événements susceptibles de déclencher le prochain bouleversement social attendu…

 

   Je me mets à rêver, enfin...

Par daphnis - Publié dans : Réflexions compromettantes
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