Lundi 2 février 2009
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Mais…
Malgré tout cela, je ne
sais plus…
Je ne sais plus si, en
fait, je crois voir dans ces textes l’ébauche d’une quelconque utilité, quant à l’installation au cœur de l’humanité d’un puissant et intense bonheur. Je ne sais plus si dans ce dessein
incroyable se trouve un quelconque intérêt.
Il y a tant d’attrait à se
laisser bercer par les surprenants effets du chaos. Il peut être tellement agréable de s’abandonner aux remous provoqués par l’étalement à l’infini de cet objet chaotique…
Alors pourquoi encore
faudrait-il se martyriser l’esprit, en quête d’une futile systématisation ?
Aujourd’hui, abandonné par
mes pairs, je me torture et réfléchi à la constance de l’intérêt d’une démarche, quand tout s’écroule au fur et à mesure de son application. Je crois bien que je hais cette raison qui m’a mené là
où je suis…
Je crois que, dorénavant,
honteusement, je vais bien finir par me fondre dans la masse des entités qui s’agitent à la surface de cette planète grouillante de mouvements célestes. En fait, il va bien falloir que je prenne
une décision, dont la teneur explicite s’avérera sans doute irrévocable.
Malheur à celui qui se donne les moyens de déchirer le voile des illusions complices d’une stabilité réconfortante.
Mais alors, où vais-je de
si bon pas ?
Cela ne voudrait pas dire
grand chose si, dans une langoureuse fièvre rédemptrice, j’osais répondre à cette question. Je vais où me mène mes pas, de l’autre côté, en enfer ? Je vais droit devant, sur le terrain
dégagé mais miné de la libération consciente de l’être humain, face à tous ses artifices grossiers.
Je vais où me mène le
chaos, terrible chose !
Et voilà que je m’emporte à
de si futiles arguments que ma cognition, dans son ensemble, se retrouve un tant soit peu brouillée.
Ne devrais-je pas, ne
serait ce pas là mon ultime mission imaginaire, construire au devant des entendements avides de vitalité une cité accueillante, heureuse de contenir l’élan le plus pure, vers une insistance à
vivre des plus crues ?
Ne faut-il pas encourager
la vie plutôt que par tous les moyens chercher à la rendre futile ?
Voilà comment, en ce jour
radieux où votre masse neurale rencontre la mienne, par l’entrefaite de ces quelques lignes d’une écriture tellement naïve, je me tiens prêt à vous rendre compte de la découverte inventive qui me
paraît être la plus censée en ces temps de doute absolu, l’ultime illusion officiellement affichée comme telle, l’illusion de l’avancée irrémédiable de l’homme vers le Surhomme et, parallèlement,
de l’humanité vers la Surhumanité.
Quoi que vous en fassiez,
que vous abandonniez cette sublime et profitable illusion convenue telle une charogne aux dents des monstrueux extrémistes, ou que vous vous en serviez pour édifier avec un tant soit peu plus de
profondeur votre propre éthique de vie, il en restera toujours quelque chose d’intensément merveilleux, de grand et peut-être d’absolu.
Il en restera, qu’un jour,
un homme s’est vu reconduire l’humanité dans le particularisme de sa condition.
Cet homme, qui a rêvé de
l’affirmation de cette entité dans la spécificité de sa définition, a en cela soutenu de toute son énergie vitale le mythe de l’apparition irrémédiable et spontanée du Surhomme…
Du moins, c’est à peu près
cela… je crois…