Dimanche 18 juillet 2010
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Assis par terre, au milieu des feuillets éparses de mon irrévérencieuse pensée, je me prépare enfin à me relever d’un élan fier vers
cet ultime défit. Je suis toujours en vie. Plus que jamais. Et je vais partager la dérision qui m’anime face à ce monstrueux vide de sens.
Cette nuit, je me suis retourné sur les délices de mon enfance. Et j’ai réalisé que tout cela, je l’avais déjà, imprimé sur les parois
infinie de toutes les pores de ma peau. Je recommence toujours les mêmes mots. Je répète inlassablement les mêmes forces vitales. J’écris comme je cours, vers l’harmonie insidieuse du
temps.
Quel est mon rôle ici-bas ?
Dans une perfection mature, celle de la Complémentarité idéal, je ressens l’immensité qui nous sépare mais qui demeure le garant de la
cohésion humaine. Conscience épanouie, au delà des occurrences vulgaires. Une aura de feu. Pour construire la légende de demain.
Imaginez la suite.
Chacun découvre sa place et son rôle. Chacun s’inscrit dans un futur incandescent, le travail pour soit et les autres. Plus aucune
réminiscence du passé. On oublie l’Histoire et on échafaude les fondations d’une élévation générale des entendements maculé de bon heur. Le droit à l’oubli se dresse fièrement devant le cadavre
puant d’un devoir de mémoire commémoratif.
La mémoire dégagée de cet inutile fatras se cristallise sur l’essentiel, à savoir la conscience absolue de la fatuité. Pourquoi
s’interdire de tenter ? Pourquoi ne pas dégager son irrémédiable volonté de puissance ? Ensemble, nous pouvons tout. L’image de nos parcours sinueux dans les relents absurdes du chaos
géométrique se rigidifie. Elle se cristallise sur l’épaisseur infâme de nos instincts. Mais libère notre probable appétence du temps. Car nous sommes vivants pour un temps encore !
Anéantissons les musées ! Ils sont le boulet mémoriel que notre civilisation traine avec elle. Réduisons en cendre les empruntes
matérielles des affects du passé. Ne craignez rien ! Cette mémoire est devenue virtuelle, avec les progrès de la numérisation.
Il est temps de réformer la mémoire.
Nouvelle donne !