La morale
actuelle, la morale judéo-chrétienne, se doit d’être réformée car elle ne satisfait plus aux particularités des nouvelles orientations de la vie consciente.
Elle aurait tendance, en
effet, à amener les hommes à organiser leurs vies afin de provoquer l’instauration imaginaire, après leur mort, d’une possibilité d’être suffisamment heureuse. Pour cela, elle contraint la
liberté originelle de l’homme à s’étouffer pour laisser libre cours à un semblant de bonheur médiocre.
L’homme, sous son emprise,
restreint son originalité, n’ose plus braver les interdits, n’ose plus tenter l’impossible, et ceci de peur de mal faire.
Heureusement la morale
judéo-chrétienne perd de son pouvoir, instamment divin, sur l’esprit des jeunes hommes à venir. Elle se retrouve donc dépossédée des entendements sur lesquels elle pouvait encore exercer toute sa
puissance.
Et ceux qui rentrent ainsi
dans la vie, la conscience vierge, libre des contingences moralisatrices de la religion, ont besoin d’un nouveau système de valeur, autre que celui, fortement incité par la répression, du système
législatif, sur lequel asseoir leurs actes conditionnés par l’intégrité de leur être.
La morale réformée pourrait
devenir la tentative de ce nouveau système.
C'est en considérant
l'adéquation, le rapport complice, qui peut exister entre une entité, les dynamiques qui y sont arbitrairement ancrées, et le cycle qui semble en décrire le développement, que l'on reconstruira
la structure d’une morale adéquate et opportune.
Dans ce contexte, l'homme
sera considéré comme une entité triviale, animé des deux dynamiques complémentaires, décrivant un cycle majestueux, de sa naissance jusqu'à sa mort.
L'entité homme sera ainsi
comparée de fait à toutes les autres entités. Ce qui lui conférera le statut privilégié d'être (d'entité) conscient, pouvant avoir conscience de sa position dans l'Etre, et pouvant être
consciemment en quête de son propre bonheur.
Aussi l’homme en
ressortira-t-il libre absolument, libre de penser mais aussi libre d’agir.
Aussi, l’ultime dessein de
l'humanité sera de pénétrer en la Surhumanité, humanité composée d'être tous conscients de leur position dans l'Etre, conscient absolument de l’unicité de l’intervention du chaos dans la genèse
de leur vie, humanité susceptible d’entraîner l’apparition sans doute d’un bonheur absolu, du fait de l’élévation de l’être de tous ceux qui y auront pénétrés.
Dés lors, la seule et
unique fin que se donneront ceux qui auront eu accès à cette révélation, sera d’atteindre les prémices de l'avènement de cette sublime Surhumanité.
L'homme est une
entité triviale. On considère qu’il subit les assauts incessants de deux élans antagonistes et complémentaires. Les dynamiques, individualiste et tribale, régissent ainsi, dans l’illusion
consentie, le développement du cycle que décrit l'entité homme.
L'entité communauté humaine
connaît le même dessein.
C'est la mise en vis-à-vis
de la communauté humaine et de l'homme qui va décrire les particularités de la morale réformée.
Le bien et le mal, notions
tenant des traditions, seront remodelés pour parfaire l'élan créatif et majestueux de la Surhumanité. Ils prendront, de fait, toute leur signification de choix subjectif, dans les limites d’une
approche moraliste de cette Surhumanité.
L'homme est enclin, à
s'individualiser face aux masses agissantes, comme à se fondre dans cette masse. Il est animé de deux élans antagonistes qui modulent l’essence de sa personnalité.
Pour parvenir à un état où
son heur sera le plus opportun possible, il faut aider cet homme à asseoir sa particularisation, tout en le maintenant dans un groupe solidaire. Les élans sous-jacents à ces aides devront être
confortés pour lui permettre d'accéder à un certain bonheur.
C'est par l'encouragement
de ses particularités en action, en portant au pinacle de sa conscience ce qui fait de lui un être différent, indépendant et particulier, et en nourrissant son besoin d'immersion dans un groupe
promis à se développer, que l'on rendra l’entité homme apte à construire les fondements de la Surhumanité.
L'homme, ainsi établi, sera
prêt à entrer de front dans les territoires inexplorés d’une certaine conception novatrice de la vie.
La société, les
hommes en communauté, devront aider chaque homme à s'individualiser, à se particulariser dans le groupe social. En échange de quoi, cet homme rendra à la société les effets bénéfiques de son
individualité par l'intermédiaire du travail produit par la propre persévérance dans son être.
L'équilibre sera atteint,
quand l'individu trouvera dans la société le moyen de se particulariser, et la société trouvera en l'individu matière à exister, à conforter son être.
Les deux dynamiques
internes de l'individu pourront ainsi se réaliser pour le bien-être de l'entité homme et de son entité supérieure, l'entité communauté humaine.
La société ainsi
fondée, pourra retirer de cette démarche tous les bienfaits, tous les apports positifs, constitués par l'individualité révélée et mise en commun de chacun de ses membres.
Et les individus pourront
retirer de sa fondation, tous les bienfaits relatifs à l'aide apportée par cette nouvelle société, à l’égard de leur dynamique parcellaire.