Dimanche 30 novembre 2008
Malgré les incessantes
affections du soleil sur mon corps, j’essaie toutes les nuits de pénétrer la morale par des attouchements morbides.
Moi, un animal retrouvé, je
veux pouvoir jouir de mon mauvais état.
Je plonge comme un enfant
dans les effluves salés, du plat de ma langue, je lèche, je bois, je baise. Et je me retrouve Surhomme, violé, dans le plus profond des plis de mon épiderme. Je vomis de l’orange par toutes les
pores de ma peau.
Je croyais
aimer.
Je suis rentré, effrayé,
désespéré mais lucide, un soleil brûlé écartelant ma raison comme un vice d'éphèbe. Tout le bleu qui m'avait fuit s'étant rassemblé au-dessus de ma tête, j'ai hurlé en arrachant mon innocence de
fou, hurlé de douleur, hurlé du plaisir orgiaque.
Apollon enculé par Dionysos
!
J'ai encore un goût salé
dans ma bouche.
Et j'en
redemande.
Et puis, J’ai inondé mon
univers sensoriel d'un filet de théorème harmonique, et j'ai pleuré à la première modulation, comme un enfant devant le cadavre de sa naïveté.
Avec tant d'application et
de sérieux, j'ai réussi l'anéantissement des valeurs, de la vie, et j'arrive enfin, avec virtuosité, à m'extasier devant le spectacle de la mort par combustion. Soit disant demi-dieu, guerrier
sublime, j'apparais pourtant comme un monstrueux mélomane.
Et pourtant lui n'est même
pas allemand.
Et pourtant je ne suis même
pas allemand.
La si soudaine irruption
d'une beauté intangible dans un univers de derme suintant m'a conforté dans ma complète incompréhension des mécanismes du bon heur. Finalement je devrais plutôt m'enfuir, tout détruire, tout
construire, ne plus bouger, lécher, écouter, me voir.
Au lieu de cela j'ai pris
la très mauvaise habitude de réfléchir avant de vomir.
Je vais finir par me faire
du mal.
Tout recommence encore de
la même manière, le jour un titan qui s'étale dans le bleu des autres, la nuit un retour en avant.
Je devrais avoir honte d'en
parler à moi-même et aux autres, mais je ne connais plus la honte, je ne connais plus les autres, je peux seulement imaginer que je monte, marches après marches, m'asseoir aux cotés de
Zarathoustra, le prostitué qui s'offre pour le prix d'une lecture attentive à tous ceux qui le réclament.
Je peux imaginer que la
dite vérité est affectée de pulsion guerrière, il faudrait que je tue mon second, celui qui me touche toutes les nuits en criant, en riant.
Ou bien alors il faudrait
que je ne tue personne. Ca ne va rien changer du tout, et je vais m'apercevoir que je suis en fait malade, juste malade, biologiquement malade. Et ils vont tous me guérir, et je vais tout
comprendre, et je serais un homme juste comme il faut, croyant au moins en la réalité...
Ils vont tous me conduire
dans une chambre bleue. Ils vont tous m'allonger, me soigner, et je ressortirais guéri, et je deviendrais un homme.
Et je deviendrais un homme
normal.