Etant donné que, pour
exister, une entité doit conforter sa particularité, c’est-à-dire ce qui en fait une entité distincte des autres, l’homme devra, pour ce faire, viser le paroxysme de son originale conscience
raisonnable.
Etant donné la nature
chaotique de l’Etre, c’est-à-dire la tendance naturelle de l’univers à se développer suivant des cassures, privilégiées par l’occurrence de détails de faible taille en regard de l’échelle
employée pour visualiser le phénomène, l’homme, pour fomenter l’élévation de tout son être afin d’effleurer le bonheur absolu, choisira de provoquer une inflexion du chaos en prenant la décision
de le contrôler.
Aussi choisira-t-on, pour
vivre dans le plus grand bonheur possible, de concevoir la position de l’être humain dans le monde avec la plus honnête des consciences concevables.
L’homme actuel sera
considéré, avec toute l’honnêteté requise, comme l’aboutissement momentané de l’application de l’évolution sur un effet du chaos, la vie.
La nouvelle prétention
affichée des hommes apparaîtra donc comme la visée du palier supérieur de l’humanité dans les strates de l’évolution, la Surhumanité.
Cela étant, l’homme qui
sera capable d’une telle conscience aura adopté les caractéristiques du prétendant Surhomme. Il reconnaîtra, comme étant leur origine, l’intervention du chaos dans toutes les modifications de
l’Etre.
Il concédera n’être qu’un
effet du chaos rendu conscient pour un temps donné. Il admettra sa place inopportune dans l’Etre.
A partir de cette
reconnaissance originelle, le prétendant Surhomme pourra construire l’intégralité de sa nouvelle éthique de vie, la morale réformée.
Cette nouvelle morale sera
tenue pour réformée, car elle tiendra pour origine la morale lentement édifiée par les apports du judéo-christianisme à l’éthique humaine.
Elle décrira donc point par
point, la réfutation ou bien la justification des postulats et des conclusions résultants du profond désir d’inscrire des règles de survie dans ses moyens d’action, exprimé par l’être humain au
travers de son histoire religieuse.
Le premier axiome de cette
morale réformée, admis comme tel afin d’en justifier hautement l’existence, sera l’illusion du sens de la vie, reconnue comme la seule illusion nécessaire et indispensable à la construction d’une
éthique.
La définition de cet axiome
autorisera la description des formes et des effets de cette nouvelle approche de la vie en communauté qu’entend être la morale réformée.
Mais c’est en opposition à
cet axiome, à savoir en identifiant le non-sens apparent de la vie, à partir de là où l’honnêteté d’une conscience ouverte sur les faits probants aura conduit le prétendant à la Surhumanité, que
sera composé la suite de déduction logique qui formera la structure complexe, mais définitive, de ce nouvel apport à l’histoire morale humaine.
En premier lieu, la quête
d’un bonheur plus ou moins conséquent, mais toujours tangible, sera présentée comme l’unique élan amenant l’homme à agir. De cet élan primordial sera admis, comme conséquence directe,
l’intégralité des actes humains et des actions découlant de ces actes.
En second lieu, du fait de
son apparente unicité catégorique, le déroulé temporel chaotique de l’Etre sera présenté comme une suite d’événements nécessaires et indispensables, dont seule l’imprévisibilité en rendra la
connaissance digne d’intérêt.
En d’autres termes, c’est
l’imprévisibilité à long terme du chaos, et elle seule, qui sera reconnue comme seule offrant finalement à l’homme la dynamique qui l’incite à vivre.
En troisième lieu, d’après
sa définition, qui fait du développement global chaotique de l’Etre une entité unique, se dévoileront les incidences de cet axiome sur les parties de la morale relative à la construction
psychique personnelle.
D’abord, la dynamique
vitale sera reconnue originellement axée sur le plaisir de la découverte des événements, produits du chaos, dont la nature non prévisible accroîtra la jouissance de celui qui en aura prévu
l’existence.
Un extrait de la
conceptualisation ordonnée du jeu primordial proposé à l’être vivant humain sera donc l’émission de prévisions sur l’avenir, qui, lorsqu’elles rencontreront l’écho de la réalité effective, et
valideront les plans édifiés à cet effet, seront du plus grand effet bénéfique sur la construction de son propre bonheur intime.
Enfin, il faudra accepter
la réalité de notre condition. Il faudra accepter le mode de déploiement de la vie, qui s’étale suivant une procédure chaotique, qui s’applique à réguler simplement son avancée.
Car si nous cherchons à
faire œuvre de pitié désordonnée, en prolongeant la vie jusqu’à n’en plus finir, en permettant la survie au-delà de toute espérance, nous contredisons point par point la dynamique évolutive qui
nous a menés là où nous sommes.
Conséquence de quoi, nous
incitons à la perpétuation de la vie là où il n’y aurait pas lieu de le faire. Il faudra bien, évidemment, mourir un jour…
Evidemment, d’autres
conclusions pourront être tirées de ces trois postulats, qui viseront à parfaire l’attitude mentale des prétendants à la Surhumanité.
Ainsi, par exemple, du fait
toujours de l’unicité évidente du déroulé temporel de l’existence des êtres, directement réels, les regrets et les reproches seront redéfinis dans l’optique de l’institution honnête de la
nouvelle morale réformée.
Les regrets, tout d’abord,
seront extraits du panel de sentiments accessibles aux prétendants Surhommes, car regretter un acte ou une action, qui n’aurait de toute façon pas pu se produire de différente façon, c’est
finalement s’infliger un mal inutile.
Ensuite, les reproches
seront précisés en vue de faire clairement un exemple du cas présent pour prévenir les cas futurs.
Ils ne seront justifiés que
si le sujet des reproches, ou les spectateurs de ce reproche public, sont aptes à appréhender la nécessité d’un tel acte, en fait pour se donner l’impression d’intervenir subjectivement dans le
déroulé temporel de l’Etre.
C’est pourquoi il faudra
s’employer à expliquer la justesse d’une telle démarche, qui mène à reconsidérer celle de la morale en vigueur actuellement.
Aussi, commence à
apparaître clairement l’apport que peut être l’application de cette morale aux relations humaines, au cœur de notre société actuelle.
Elle aura pour conséquence
principale d’amener les consciences à renforcer leur accès à une reconnaissance honnête et vraie de leur position inopportune dans l’Etre, d’essence bien entendue chaotique.
Cette reconnaissance est en
outre indispensable à l’anéantissement du mal-être apparu chez une certaine catégorie de la population, en réaction à l’inadéquation de la morale judéo-chrétienne avec l’avancée considérable,
entreprise par la recherche scientifique, à l’égard d’une connaissance directe de l’Etre et de ses attributs.
Dés lors que cette
reconnaissance a eu lieu, il est en fait impossible d’accepter les préceptes enseignés par la morale judéo-chrétienne comme autre chose que ce qu’ils sont réellement, à savoir les tentatives
dorénavant vouées à l’échec de faire correspondre une fable d’origine obscure avec les évidences, peu à peu révélées dans le temps, d’une réalité intransigeante.
C’est pourquoi, choisissons
arbitrairement de dédier notre vie à la participation à l’élaboration future, et plus que probable, d’une nouvelle entité, dont la venue est inscrite dans la définition de l’évolution
naturelle.
Nous aurons alors moins de
chance de nous tromper.
Cette entité, appelons-la
Surhomme, puisqu’elle sera supérieure à l’homme dans les strates évolutives.
Dés lors, la nécessité de
la suite logique de toutes les morales, qui se sont révélées finalement être inadéquates, se fait ressentir. L’institution d’une morale dite réformée devient la seule issue
possible.
Elle s’appuiera finalement
sur la reconnaissance honnête de l’intervention du chaos mathématique dans la justification de l’être humain, et sur la prise de conscience de sa propre position inopportune dans l’Etre par un
homme nouveau, à la conscience accrue, qui court derrière la perfection de son être, le prétendant Surhomme.
Cette morale novatrice
préfigure l’émergence d’un nouveau mouvement, qui aura pour unique fin le passage de l’humanité dans sa suite logique, au regard du travail de l’évolution pendant des millénaires sur les
espèces.
La Surhumanité, humanité
faite de Surhommes, faite d’hommes dont le champ d’investigation de la conscience aura été largement étendu et précisé, devra être l’avenir tangible du genre humain.
Les hommes, qui auront
accepté l’intention de ce mouvement comme unique dessein, seront appelés prétendants Surhommes, et connaîtront un bonheur des plus complets, du fait de l’élévation de tout leur être vers un
palier supérieur.
Encore faut-il convaincre
suffisamment d’hommes de sa justesse, pour que cet élan puisse débuter…