Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

Du chaos naît la conscience

Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /2008 10:20

    II y a, dans la vie inconsciente, un élan qui perdure par delà les années, une dynamique ascendante qui a du mal à  s'identifier au sein d'une conscience de l'être, une sorte d'élan vital inconscient.

   Que va devenir cet élan quand la plupart des consciences seront devenues acérées ? II est permis de penser que la nature va trouver un moyen de perdurer dans son être sans, c'est à espérer, privilégier la classe la moins consciente de l'humanité.

    La nature va devoir composer avec le fait que la conscience, extremum de l'évolution, n'apporte pas les éléments nécessaires à une survie de l'organisme. La vie consciente n'est pas viable.

   La nature se devra donc d'orienter l'entendement humain de façon à ce que la conscience soit réhabilitée dans une optique de viabilité. En d'autres termes, l'homme devra concentrer l'objet de sa conscience sur ses aptitudes à vivre, sur les dynamiques vitales propres à son espèce.


    Ce qui caractérise les dynamiques vitales propres à l'espèce humaine est sans doute un niveau d'intégration situé à mi-chemin entre l'action et la réflexion, une idée de l'action qui a pour particularité de prévoir dans le temps les modalités d'application d'un acte.

    Et la conscience qu'on a de ses actes n'a que peu de rapport avec la conscience de l'Etre total. C'est peut-être bien la solution ! La conscience, tout en s'accroissant, va s'orienter sur les actes, sur la justification des gestes et des intentions humaines. La conscience de l'Etre, elle, va être mise de côté.


   C'est en fait d'une conscience décalée que risque de se munir l'homme de demain, une conscience amputée d'un grand pan de son identité, une conscience ramenée dans les dédales d'une prévisibilité hissée au rang d'honneur par des hommes avides de vitalité !          


Par daphnis - Publié dans : Du chaos naît la conscience
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 16 décembre 2008 2 16 /12 /2008 07:12

    Etant donné que, pour exister, une entité doit conforter sa particularité, c’est-à-dire ce qui en fait une entité distincte des autres, l’homme devra, pour ce faire, viser le paroxysme de son originale conscience raisonnable.

   Etant donné la nature chaotique de l’Etre, c’est-à-dire la tendance naturelle de l’univers à se développer suivant des cassures, privilégiées par l’occurrence de détails de faible taille en regard de l’échelle employée pour visualiser le phénomène, l’homme, pour fomenter l’élévation de tout son être afin d’effleurer le bonheur absolu, choisira de provoquer une inflexion du chaos en prenant la décision de le contrôler.

   Aussi choisira-t-on, pour vivre dans le plus grand bonheur possible, de concevoir la position de l’être humain dans le monde avec la plus honnête des consciences concevables.

 

   L’homme actuel sera considéré, avec toute l’honnêteté requise, comme l’aboutissement momentané de l’application de l’évolution sur un effet du chaos, la vie.

   La nouvelle prétention affichée des hommes apparaîtra donc comme la visée du palier supérieur de l’humanité dans les strates de l’évolution, la Surhumanité.

 

   Cela étant, l’homme qui sera capable d’une telle conscience aura adopté les caractéristiques du prétendant Surhomme. Il reconnaîtra, comme étant leur origine, l’intervention du chaos dans toutes les modifications de l’Etre.

   Il concédera n’être qu’un effet du chaos rendu conscient pour un temps donné. Il admettra sa place inopportune dans l’Etre.

   A partir de cette reconnaissance originelle, le prétendant Surhomme pourra construire l’intégralité de sa nouvelle éthique de vie, la morale réformée.

 

   Cette nouvelle morale sera tenue pour réformée, car elle tiendra pour origine la morale lentement édifiée par les apports du judéo-christianisme à l’éthique humaine.

   Elle décrira donc point par point, la réfutation ou bien la justification des postulats et des conclusions résultants du profond désir d’inscrire des règles de survie dans ses moyens d’action, exprimé par l’être humain au travers de son histoire religieuse.

 

   Le premier axiome de cette morale réformée, admis comme tel afin d’en justifier hautement l’existence, sera l’illusion du sens de la vie, reconnue comme la seule illusion nécessaire et indispensable à la construction d’une éthique.

   La définition de cet axiome autorisera la description des formes et des effets de cette nouvelle approche de la vie en communauté qu’entend être la morale réformée.

   Mais c’est en opposition à cet axiome, à savoir en identifiant le non-sens apparent de la vie, à partir de là où l’honnêteté d’une conscience ouverte sur les faits probants aura conduit le prétendant à la Surhumanité, que sera composé la suite de déduction logique qui formera la structure complexe, mais définitive, de ce nouvel apport à l’histoire morale humaine.

 

   En premier lieu, la quête d’un bonheur plus ou moins conséquent, mais toujours tangible, sera présentée comme l’unique élan amenant l’homme à agir. De cet élan primordial sera admis, comme conséquence directe, l’intégralité des actes humains et des actions découlant de ces actes.

   En second lieu, du fait de son apparente unicité catégorique, le déroulé temporel chaotique de l’Etre sera présenté comme une suite d’événements nécessaires et indispensables, dont seule l’imprévisibilité en rendra la connaissance digne d’intérêt.

   En d’autres termes, c’est l’imprévisibilité à long terme du chaos, et elle seule, qui sera reconnue comme seule offrant finalement à l’homme la dynamique qui l’incite à vivre.

   En troisième lieu, d’après sa définition, qui fait du développement global chaotique de l’Etre une entité unique, se dévoileront les incidences de cet axiome sur les parties de la morale relative à la construction psychique personnelle.

   D’abord, la dynamique vitale sera reconnue originellement axée sur le plaisir de la découverte des événements, produits du chaos, dont la nature non prévisible accroîtra la jouissance de celui qui en aura prévu l’existence.

   Un extrait de la conceptualisation ordonnée du jeu primordial proposé à l’être vivant humain sera donc l’émission de prévisions sur l’avenir, qui, lorsqu’elles rencontreront l’écho de la réalité effective, et valideront les plans édifiés à cet effet, seront du plus grand effet bénéfique sur la construction de son propre bonheur intime.

 

   Enfin, il faudra accepter la réalité de notre condition. Il faudra accepter le mode de déploiement de la vie, qui s’étale suivant une procédure chaotique, qui s’applique à réguler simplement son avancée.

   Car si nous cherchons à faire œuvre de pitié désordonnée, en prolongeant la vie jusqu’à n’en plus finir, en permettant la survie au-delà de toute espérance, nous contredisons point par point la dynamique évolutive qui nous a menés là où nous sommes.

   Conséquence de quoi, nous incitons à la perpétuation de la vie là où il n’y aurait pas lieu de le faire. Il faudra bien, évidemment, mourir un jour…

 

   Evidemment, d’autres conclusions pourront être tirées de ces trois postulats, qui viseront à parfaire l’attitude mentale des prétendants à la Surhumanité.

   Ainsi, par exemple, du fait toujours de l’unicité évidente du déroulé temporel de l’existence des êtres, directement réels, les regrets et les reproches seront redéfinis dans l’optique de l’institution honnête de la nouvelle morale réformée.

   Les regrets, tout d’abord, seront extraits du panel de sentiments accessibles aux prétendants Surhommes, car regretter un acte ou une action, qui n’aurait de toute façon pas pu se produire de différente façon, c’est finalement s’infliger un mal inutile.

   Ensuite, les reproches seront précisés en vue de faire clairement un exemple du cas présent pour prévenir les cas futurs.

   Ils ne seront justifiés que si le sujet des reproches, ou les spectateurs de ce reproche public, sont aptes à appréhender la nécessité d’un tel acte, en fait pour se donner l’impression d’intervenir subjectivement dans le déroulé temporel de l’Etre.

   C’est pourquoi il faudra s’employer à expliquer la justesse d’une telle démarche, qui mène à reconsidérer celle de la morale en vigueur actuellement.

 

   Aussi, commence à apparaître clairement l’apport que peut être l’application de cette morale aux relations humaines, au cœur de notre société actuelle.

   Elle aura pour conséquence principale d’amener les consciences à renforcer leur accès à une reconnaissance honnête et vraie de leur position inopportune dans l’Etre, d’essence bien entendue chaotique.

 

   Cette reconnaissance est en outre indispensable à l’anéantissement du mal-être apparu chez une certaine catégorie de la population, en réaction à l’inadéquation de la morale judéo-chrétienne avec l’avancée considérable, entreprise par la recherche scientifique, à l’égard d’une connaissance directe de l’Etre et de ses attributs.

   Dés lors que cette reconnaissance a eu lieu, il est en fait impossible d’accepter les préceptes enseignés par la morale judéo-chrétienne comme autre chose que ce qu’ils sont réellement, à savoir les tentatives dorénavant vouées à l’échec de faire correspondre une fable d’origine obscure avec les évidences, peu à peu révélées dans le temps, d’une réalité intransigeante.

 

   C’est pourquoi, choisissons arbitrairement de dédier notre vie à la participation à l’élaboration future, et plus que probable, d’une nouvelle entité, dont la venue est inscrite dans la définition de l’évolution naturelle.

   Nous aurons alors moins de chance de nous tromper.

   Cette entité, appelons-la Surhomme, puisqu’elle sera supérieure à l’homme dans les strates évolutives.

   Dés lors, la nécessité de la suite logique de toutes les morales, qui se sont révélées finalement être inadéquates, se fait ressentir. L’institution d’une morale dite réformée devient la seule issue possible.

   Elle s’appuiera finalement sur la reconnaissance honnête de l’intervention du chaos mathématique dans la justification de l’être humain, et sur la prise de conscience de sa propre position inopportune dans l’Etre par un homme nouveau, à la conscience accrue, qui court derrière la perfection de son être, le prétendant Surhomme.

 

   Cette morale novatrice préfigure l’émergence d’un nouveau mouvement, qui aura pour unique fin le passage de l’humanité dans sa suite logique, au regard du travail de l’évolution pendant des millénaires sur les espèces.

   La Surhumanité, humanité faite de Surhommes, faite d’hommes dont le champ d’investigation de la conscience aura été largement étendu et précisé, devra être l’avenir tangible du genre humain.

   Les hommes, qui auront accepté l’intention de ce mouvement comme unique dessein, seront appelés prétendants Surhommes, et connaîtront un bonheur des plus complets, du fait de l’élévation de tout leur être vers un palier supérieur.

 

   Encore faut-il convaincre suffisamment d’hommes de sa justesse, pour que cet élan puisse débuter…

Par daphnis - Publié dans : Du chaos naît la conscience
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 5 décembre 2008 5 05 /12 /2008 11:07

    II y a, dans la vie inconsciente, un élan qui perdure par delà les années, une dynamique ascendante qui a du mal à  s'identifier au sein d'une conscience de l'être, une sorte d'élan vital inconscient.

   Que va devenir cet élan quand la plupart des consciences seront devenues acérées ? II est permis de penser que la nature va trouver un moyen de perdurer dans son être sans, c'est à espérer, privilégier la classe la moins consciente de l'humanité.

    La nature va devoir composer avec le fait que la conscience, extremum de l'évolution, n'apporte pas les éléments nécessaires à une survie de l'organisme. La vie consciente n'est pas viable.

   La nature se devra donc d'orienter l'entendement humain de façon à ce que la conscience soit réhabilitée dans une optique de viabilité. En d'autres termes, l'homme devra concentrer l'objet de sa conscience sur ses aptitudes à vivre, sur les dynamiques vitales propres à son espèce.


    Ce qui caractérise les dynamiques vitales propres à l'espèce humaine est sans doute un niveau d'intégration situé à mi-chemin entre l'action et la réflexion, une idée de l'action qui a pour particularité de prévoir dans le temps les modalités d'application d'un acte.

    Et la conscience qu'on a de ses actes n'a que peu de rapport avec la conscience de l'Etre total. C'est peut-être bien la solution ! La conscience, tout en s'accroissant, va s'orienter sur les actes, sur la justification des gestes et des intentions humaines. La conscience de l'Etre, elle, va être mise de côté.


   C'est en fait d'une conscience décalée que risque de se munir l'homme de demain, une conscience amputée d'un grand pan de son identité, une conscience ramenée dans les dédales d'une prévisibilité hissée au rang d'honneur par des hommes avides de vitalité !          


Par daphnis - Publié dans : Du chaos naît la conscience
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 7 novembre 2008 5 07 /11 /2008 09:32

   Des actes engrangés par l’accession au réel de sa volonté d’entreprendre, il en est chez l’homme qui dépasse les autres par leur banalité. Dormir, manger, copuler provoquent en cela des instants probatoires d’une trivialité avenante.

   Ces actions expriment pourtant l’attachement de l’homme à tout l’exceptionnel de son appartenance déphasée au règne animal.

   Il n’y a rien de plus normal que de manger, mais prendre conscience de l’intégration de la matière pour constituer et conforter son être amène à se poser la question définitive de la persévérance de l’être dans son devenir.

   La matière qui nous compose est assujettie à la future utilisation de sa définition pour composer d’autres entités, dans d’autres temps. L’homme est composé de matière qui, malgré son apparent repos momentané, reste en perpétuel mouvement.

   De la matière qui provient d’un bœuf, d’une carotte ou d’une orange, et qui ira former d’autres entités à venir par la suite.

   Et cette matière se retrouve consciente d’elle-même, consciente de l’Etre, par un heureux concours de circonstances.

   Et cette matière, après un court séjour en l’homme, va retourner à la terre, va devenir poussière carbonée. Et cette poussière va retourner dans le cycle du vivant, immanquablement.

 

   Si bien que quand est évoqué le souvenir passé d’un homme dont l’importance est dans la définition, il n’est fait appel qu’à la trace qu’il a laissée dans la mémoire collective.

   Mais il a autant d’importance matérielle que n’importe quel quidam mort lui aussi, une trace dans l’humus. Il ne peut y avoir ici aucune notion réaliste de conscience active par delà la mort effective de l’homme.

 

   Finalement, la conséquence, qui mérite qu’on la retire expressément de cet amas de probabilité, en vient à caractériser l’homme conscient par sa liberté d’action.

   L’homme conscient peut tout faire car il sait n’être que pour un temps.

   L’homme conscient est libre absolument d’agir car il connaît la valeur éphémère de sa vie. Seules peuvent refréner ses pulsions, la crainte de punitions élevées par le système légal à l’encontre des esprits libres des astreintes apportées par les religions.

   Et c’est sans doute un bien car s’il n’était jamais puni, l’homme conscient de sa liberté originelle pourrait tout admettre faire, tout se permettre, affranchi des contraintes imposées par la construction morale de la société.

   Seulement voilà, le système législatif existe. Et l’anarchie n’a pas court. La vie, qui s’exprime au travers de cet artifice, a choisit les attributs de son mode de développement dans l’intention de persévérer durablement.

   Les règles qui s’expriment dans toutes les situations de la vie en société corrompent heureusement nos libertés initiales, en érigeant des lois et surtout en érigeant une morale, permettant ainsi d’instituer relativement de la continuité au cœur des rapports humains, ordonnés dans la société.

   La vie en société implique l’application d’une déontologie générale, sensible au travers des lois en vigueur.

   Et ceci pour parfaire l’équité entre les hommes, ou plutôt pour favoriser les plus adroits dans le système en place au détriment des plus forts. Les plus adroits, c’est à dire normalement ceux qui sont les plus aptes à effleurer la conscience absolue de l’Etre.

   L’égalité n’est alors qu’un vain concept qui trahit l’état de fait qui pourrait exister entre ceux qui ont plus ou moins conscience de leur état, et les autres. Le pouvoir est ainsi offert à ceux dont la conscience est la plus âprement développée.

   Mais le système a des failles. Car rentre en jeux la notion d’action, qui permet à l’inconscience de réapparaître à la surface. L’action dans le travail ou le loisir permet à l’homme de s’oublier, d’oublier sa conscience de l’Etre.

   L’action fait vivre l’homme dans l’ignorance des concepts révélés par sa conscience. Et cet oubli permet l’acceptation sans bornes des règles de morale enseignées par le système législatif ou religieux, en oubliant de les fonder sur leurs bases ancrées dans le processus qui mène les hommes vers leur propre bonheur.

 

   Nous n’avons accès à la conscience de l’Etre qu’à de trop rares instants, si ces instants existent. Et nous n’avons de cesse d’essayer de les faire s’amenuiser par l’entremise de l’action.

   Alors qu’il faudrait au contraire essayer honnêtement d’être continuellement, à jamais conscient, et ceci pour permettre la justification des lois au travers de l’exercice de notre liberté originelle restreinte.

   C’est alors que l’on pourra vivre consciemment et honnêtement sa position de citoyen, et se conduire durablement sur les traces de la Surhumanité. Cette dernière pourra s’ériger en conquérant de l’humanité, dégageant par cela les preuves des limites de cette humanité inconsciente.

 

   La Surhumanité doit être le futur envisageable pour l’humanité, sans quoi elle sombrera dans une irrémédiable déliquescence.
Par daphnis - Publié dans : Du chaos naît la conscience
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 08:34

   Quel avenir est envisageable pour ceux qui auront fait le choix de rompre avec la nature chaotique ? Il est certain que le combat sera rude, et que la nature tiendra tête jusqu’à la fin.

   Dés lors, la bataille qui s’engage résidera en un lieu, la nature, et opposera l’entendement concerné à cette même nature. Cette lutte pour la scission interne de la nature, pour l’apparition d’une entité supplémentaire, pour la mitose intra-naturelle, sera par cela démonstration intense de puissance.

   Pourquoi devons-nous mener ce combat à son terme ? Car il est dans sa nature que l’homme envisage de rompre avec elle. Il est de son devoir d’entité en passe de se dénaturer, de chercher par tous les moyens à produire la fission de sa définition d’avec celle du tout, de s’individualiser à outrance.

   Aussi, ne nions pas l’existence d’un élan dénaturant qui s’emballe suivant les inflexions du chaos, et qui semble suffire à mener l’homme vers les terres inexplorées de la conscience absolue de l’Etre.

   Jouer avec cette dynamique interne de chaque homme peut être utile à l’amplification des effets de l’évolution de l’espèce humaine. Ainsi, pour peu qu’on la sache dominante, elle peut s’exprimer dans chacun des actes inspirés par la conscience révélée de l’Etre et de ses atours.

   Une lutte naturelle s’engage alors, lorsque l’homme est en passe de se Surhumaniser, une lutte ou s’oppose la détermination de l’homme de rompre avec les affects de la nature chaotique et la propension de celle-ci à garder dans son giron une des relatives réussites de la persévérance en son être qui aspire tant bien que mal à se maintenir, l’homme.

   De toute façon rien n’existe en dehors de la nature, ou tout au moins tout porte à le croire.

   Mais l’homme n’en a que faire de cette vérité apparemment indubitable. Il a tout à gagner à tenter de sortir de ce malstrom qu’est la réalité chaotique, plutôt que de s’y soumettre et de s’y noyer.

   Et c’est tout à son honneur de regarder vers le haut et de vouloir surplomber, contrôler ce chaos.

   « S’il y a un Dieu, comment supporter de ne l’être pas ? » se demandait Nietzsche, et bien en acceptant qu’il n’y en ait pas, il est encore possible de s’imaginer pouvoir prendre la place qui lui reviendrait de droit, en s’extrayant du chaos, en prenant de la hauteur pour instamment tout regarder fonctionner.

   Car c’est d’un point situé hors du système que l’on peut l’étudier.

   L’homme ne peut qu’accepter momentanément de ne pas comprendre le système dans lequel il est. Il doit toujours lui subsister un espoir de connaître absolument l’Etre. Et c’est l’objectif vers lequel il doit tendre, pouvoir expliciter simplement l’univers...

   L’homme qui cherche à être Dieu, recherche une position à partir de laquelle il va pouvoir constater la nature perturbée du dispositif naturel, et pour cela tente de lever la tête au-dessus des aléas de la réalité.

   A partir du moment où il y parvient, il arrive à comprendre la substance du fonctionnement de l’idéal vivant, il s’imagine être dégagé de toutes les incidences de la réalité sur sa vie, il est assimilé à un dieu, il est Surhomme. Il s’est ouvert à la révélation de la position inopportune de l’homme dans l’Etre.

   Dés que l’homme a intégré cette découverte, il est prêt à construire un monde où la primauté revient à l’honnêteté des consciences, un monde où les illusions sont reconnues comme telles et perdent ainsi la valeur sournoise de leur signification subjective, la Surhumanité.

   Ainsi, d’une lutte inégale entre la nature et sa créature, s’accomplit l’ouvrage absolu de la morale réformée. Le Surhomme, dont la conscience est totale, ressort de cette rixe interne à l’Etre, et s’avance pour édifier, pierre après pierre, l’absolu de sa morale, une cité vivante et sublime, l’espoir Surhumain…

 

   C’est la lutte naturelle qui conduira l’homme aux portes de cette cité radieuse.

   C’est en exprimant son désir intime de briser le rapport de cause à effet qu’entretient la nature avec l’être humain, peine perdue, que la conscience de l’homme grandira et envisagera la Surhumanité comme dernier lieu d’expression de ses actes avant le vide du néant.

Par daphnis - Publié dans : Du chaos naît la conscience
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Recherche

Calendrier

Janvier 2010
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Texte intégral

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus