Prologue
Le Surhomme est une entité
qui mérite qu’on la décrive avec la plus grande subtilité, parce qu’elle incarne le meilleur de la substance originale de ce qui fonde l’humanité en l’homme.
Cette entité, que son
essence sensiblement divine rend idéale, devrait pour sûr être l’ultime dessein conscient de l’espèce humaine.
Au demeurant, elle reste
cet idéal abstrait, compris par trop peu d’hommes pour devenir un parangon commun.
L’entité Surhomme, en
définitive, ne connaît pas la place qu’elle mérite au sein des consciences humaines. Son sublime dessein de guide pour la nouvelle humanité naissante, la future Surhumanité, n’influence pas
encore le traitement qu’elle subit de la part des nombreux entendements ouverts et réceptifs à ce concept novateur.
Il faut donc faire naître
au cœur du plus grand nombre de cognitions la tentation de la Surhumanité, cette humanité idéale constituée d’homme tous conscient de leur position inopportune dans l’Etre.
A dessein de faire jaillir
un embryon de Surhomme au cœur de tous les hommes, l’Art exploite la part humaine de l’être humain, sa conscience, de manière paroxysmique pour en faire le principal moteur de son
existence.
Quel sublime accès partagé
au bonheur, que d’entraîner l’étincelle vitale de chaque homme à intégrer un être doté d’une conscience exceptionnelle !
L’artiste, au travers de sa
technique, fait vibrer en phase l’ultime révélation de sa propre condition d’homme et l’esthétique plastique, dont l’essence demeure particulièrement chaotique.
En cela, l’artiste peut
être d’une utilité substantielle pour mener les hommes vers un plus grand bonheur, par la restitution de leur liberté originelle, en leur enseignant adéquatement l’inopportune position qu’ils
occupent dans l’Etre.
En unissant adroitement
l’honnêteté de sa propre conscience aux effets du chaos qui l’a fait naître, l’artiste promulgue, à qui veut l’entendre, la vérité de sa propre condition d’homme, abstrait par les nombreux élans
que peut lui développer sa propre possibilité d’être.
Dés lors, en en faisant
l’offre au passant, l’artiste se sert de l’esthétique du processus d’expression de sa propre révélation pour faire de l’œuvre un vecteur de la capacité qu’il a d’apparaître en
Surhomme.
Pour y parvenir, l’homme
qui a entrevu la potentialité de se Surhumaniser, entendra professer sa découverte, en s’accomplissant dans des actes qui lui permettront de s’imaginer, et de faire imaginer, des concepts
abstraits, possibilités d’accès élargi vers une conscience largement étendue.
Ainsi l’homme, qui
ressentira profondément l’incidence de la révélation de sa condition d’homme, s’accomplira dans l’Art ou la merveilleuse recherche fondamentale. Car ce sont finalement les deux seuls domaines qui
permettent à l’homme qui s’y plonge d’édifier, pour lui-même et pour les autres, des concepts novateurs, originaux et abstraits, susceptibles d’entraîner les consciences dans une reconnaissance
véritable de l’Etre et de ses atours.
L’Art, plus que la
recherche fondamentale, permet à son auteur de s’ébattre aisément aux confins des effets de sa conscience. Celle-ci étant rendue malléable par la liberté de pensée offerte par l’ultime
révélation.
L’Art est en cela
fondamental à toute tentative d’émancipation des consciences, rattachées jusqu’alors à une réalité tangible et relativement directe.
L’Art permet au passant
d’étendre son acuité sensible sur d’autres pans de la réalité effective d’un concept. L’Art l’incite à orienter sa conscience dans une direction que celui-ci n’a jamais, jusqu’alors,
envisagée.
L’Art paraît ajouter à la
liberté de l’être humain, qui s’y intéresse, une possibilité de s’étaler dans l’autre attribut, l’autre dimension, en daignant concevoir l’approche particulière de l’extrait de la réalité
présenté à ses vues.
La poésie, en cela, permet
de faire glisser l’entendement du lecteur à la frontière de concepts abstraits qu’il n’aurait jamais été tenté de découvrir autrement.
Elle met à disposition de
l’auteur toute l’acuité du lecteur en le dégageant des barrières qu’il érige entre lui et l’œuvre quand celle-ci met en avant un concept trop novateur, une idée excessivement
originale.
La poésie permet
l’accession de la conscience à des noumènes inédits en faisant appel à la tentation du beau, à l’attirance de ce qui retranscrit le chaos en phénomènes tangibles et fixés.
Alors que le sentiment
d’impuissance, que va faire naître en l’homme la terrible révélation de sa place inopportune, est difficile à concilier avec la morale actuellement affichée, la poésie permet de faire glisser
l’entendement des lecteurs potentiellement artistes sur l’âpreté d’un concept apparemment déplaisant.
Elle favorise l’ouverture
des dédales de l’entendement aux faveurs de la beauté arbitraire de l’exposition harmonieuse du concept, quel qu’il soit.
La présentation des idées
novatrices sous cette forme est le meilleur moyen de concilier l’honnêteté du propos et l’accès aisé à l’idée défendue en ces termes.
L’homme qui étale ainsi
toute l’épaisseur de son âme, en faisant acte de poésie, de même que cet autre qui intègre chaque concept ainsi présenté à l’attention de sa cognition, construisent des phénomènes imaginatifs de
pensée, au moins pour un temps, qui les font apparaître plus humains.
Ainsi l’artiste et le
passant se retrouvent, dans une même dynamique d’accès à plus d’humanité, dans un élan vers la sublime Surhumanité.
Voilà ce que recherche
l’Artiste qui a eu vent de la révélation de la place inopportune de son être dans l’Etre.
Et par son art il peut
dorénavant prétendre accélérer l’ouverture des consciences aux faits fondamentaux, ceux dont la révélation peut aussi être incitée par l’exercice d’un entendement sur la structure du système
ludique Entité-Dynamiques-Cycle…
C’est dans cette optique
que je livre à vos vues les poèmes qui, disposés aléatoirement au cœur de la réflexion, la rendent plus aimable et d’un accès moins obtus. Voyez si leur intégration peut vous aider à comprendre
le sens tellement paradoxal de ce système, dont l’EDC est l’empreinte laissée dans le sol de mon argumentaire.
L’édification d’une œuvre
d’art, si elle veut rencontrer l’approbation esthétique de la grande majorité des hommes qui en seront les contemplateurs, doit se faire suivant les règles dictées par le chaos. Ces règles sont
paradoxalement simples.
Elles déterminent l’objet
de l’œuvre comme étant dirigé, de manière à ce que son évolution rencontre des phénomènes particuliers, d’apparence imperceptible, qui tendent à lui imposer une parcelle de développement,
catégoriquement différent. Et ceci tout en conservant un développement apparemment justifié.
L’artiste, dans le déroulé
temporel de son existence, s’accapare cette détermination des choses en commençant bien souvent par copier la nature et le chaos qu’elle incarne, en particulier dans la peinture.
En modélisant le chaos qui
s’exprime au travers des aspects impérieux des décors naturels, l’artiste ne fait que retranscrire l’essence même de ce chaos, à savoir ce développement qui brusquement change d’orientation suite
à un événement d’apparence minime.
Mais l’artiste peut aussi,
plus tard ou directement comme dans le cas du musicien, créer en tenant pour lieu d’expression du chaos, exclusivement son propre entendement, qui, à partir des sensations dont il est le
récepteur, laisse posément le chaos s'insinuer en lui.
Dans ce cas, l’artiste
traduit aussi ses propres sensations du monde réel, mais il se sert, en cette occurrence, de plusieurs de ses sens pour les combiner et en élaborer la structure décharnée du chaos, dont il va
imprimer l’essence dans son œuvre.
Dans la peinture ou la
littérature, l’artiste peut faire le choix d’introduire dans son œuvre, une proportion plus ou moins grande d’inspiration du chaos par sa propre sensibilité.
Pour la musique, le choix
est plus ténu. L’artiste qui se contente de reproduire l’assemblage se son ambiant ne pourra qu’enflammer difficilement un auditoire.
Alors que la perfection de
la reproduction d’une vue réelle, ou la reconduction de descriptions réalistes, peuvent être attribuée à un peintre ou un écrivain génial. Encore que pour le cas de l’écrivain, rentre en ligne de
compte une dimension supérieure, celle du fond éclairée et précisé par la forme.
Toute la valeur que nous
avons jusqu’alors attribué aux œuvres d’art est tirée à priori de deux interprétations de l’œuvre, tout d’abord la difficulté d’exécution, la dextérité que son édification demande, ensuite, la
forme et la quantité des sentiments que fait naître l’œuvre en nous.
On peut, dés lors que l’on
est sensible au phénomène précis ayant lieu à la création d’une œuvre d’art, exprimer la valeur de cette œuvre en d’autres termes.
L’implication de la
personnalité propre de l’artiste dans l’œuvre créé, peut se prévaloir d’être la base d’un nouveau système d’évaluation d’une œuvre d’art, plus prompt à traduire le travail introspectif de
l’artiste, et donc son travail sur l’objet de la compréhension de l’Etre.
En jugeant la valeur de
l’ouvrage d’un artiste sur l’intensité du travail effectif mené par sa conscience sur la réalité de l’Etre, il sera possible de jauger ses qualités, en regard de celles requises pour l’éducation
des consciences proposée par la recherche de la Surhumanité.
En admettant que pour
qu’une œuvre d’art rencontre la compréhension du public, il faut qu’elle retranscrive de la plus fidèle des façons le chaos qui l’a inspiré en l’entendement de l’artiste, il devient aisé de
comprendre pourquoi des bâtiments, ou tout autre objet, édifiés sur la base de la raison absolue, qui par définition va à l’encontre du chaos, soient intégrés comme des éléments inesthétiques,
contraignant le décor les contenant à la profonde laideur.
C’est un fait indéniable,
les phénomènes issus d’un travail exclusif de la raison ne sont pas intégrables positivement par un entendement naturel. C’est pourquoi les idéologies issues des exploits de la raison pure ont
échoué.
C’est pourquoi un système
original ne peut drainer les foules que s’il comprend dans sa définition des éléments injustifiables, et qui n’ont d’ailleurs pas à être justifié pour valider le système en
question.
L’expression du chaos, ici
recherché, est en effet composée adroitement d’une juxtaposition d’éléments qui peuvent apparaître, à l’occasion, comme si la base de leur édification était la raison.
C’est pourquoi le système
Entité-Dynamiques-Cycle s’appuie sur le concept du Surhomme, et que des poèmes ou des textes lyriques s’étalent, éparses, au cœur de son étude imparfaite.
Ces apartés révèlent en
outre un autre aspect de la quête désespérée de ma véritable condition d’homme.
En effet, cette quête veut
apparaître entachée d’un doute maladif, d’un doute qui recherche sa propre perfection, d’un doute qui voudrait apparaître absolu. Et ce doute traverse, en en réglant l’écoulement, les textes qui
suivent. Il y fait régner la perfection de ses attendus.
C’est là en quelque sorte
la validation qu’il manquait à ce système, le doute absolu élevé au rang de sujet d’étude.
Quiconque voudra, par
l’intensité sensible d’un discours, provoquer l’adhésion des foules à son propre système, devra s’adjoindre la plastique d’une écriture chaotique, dans le meilleur sens du terme.
Voilà pourquoi s’interpose
à ce traité de morale réformée l’extrait de ma gageure personnelle qu’entretiennent ces textes lyriques.
Il faudra bien que leur
contenu rentre en résonance avec l’idée générale délivrée dans ce livre, pour que je puisse, enfin, clôturer ce ramassis d’objectivité abstraite par l’idée d’un optimisme forcené.
Si, toutefois, un doute
monstrueux transparaît de la lente évolution tangible de ces textes, c’est la faute d’une trop importante probité maladive qui m’entraîne sur les landes desséchées de la profonde
perplexité.
Qu’importe les conséquences
légitimes sur la viabilité d’un tel système en vous, mais je reste convaincu que la route qui mène à la vérité de l’Etre poursuit une ligne, qui semble se dédoubler à l’infini, pour finir en fin
de compte unique à l’approche de son but.
C’est pourquoi j’offre ces
textes à votre compréhension, non pas pour vous apprendre la vérité toute nue, mais pour vous inciter à reconnaître un développement et son contraire dans tous les obstacles qui se présenteront à
vous au court de l’accomplissement de votre immortalité.
Car telle est la force qui
vous mènera à la clairvoyance de votre condition d’être exceptionnel par sa possibilité en devenir.
C’est ainsi que s’ouvre à
vous la potentialité de vous accomplir dans l’existence d’un être d’exception, à jamais unique.
Vivez le plus heureux que
vous pouvez, c’est ainsi que vous userez à bon escient de cette sublime et terrible vie dont il vous est offert la jouissance à l’unité.
Ainsi vous tendrez de la
plus agréable des façons vers la si désirable Surhumanité.