Le doute à l'origine de tout

    Qu’est-ce qui m’arrive ?

   Depuis des mois, des années, je m’efforce de concevoir et d’expliciter simplement et clairement une idée. Cette idée, enfin, j’en effleure maintenant l’essence. Et je faiblis…

 

   Pourquoi ? Parce que j’ai sans aucun doute été aveuglé du danger immédiat d’une telle image, par un entendement un tant soit peu monstrueux, le mien. Un entendement de titan, un entendement de vieux, de pleutre…

   Je n’ai pas vu quel péril menaçait ma cognition. J’étais bien trop fier des possibilités offertes par ma merveilleuse raison, à l’égard des sublimes structures régissant potentiellement les délires chaotiques de cette nature tellement envahissante…

   C’est ainsi que je me retrouve confronté, de face et de visu, au pire piège qui ne s’est jamais présenté à moi. La fuite dans une absconse désespérance, l’image de ma perdition, ma mort… J’en ris encore !

L'homme universel

Mercredi 10 décembre 2008 3 10 /12 /2008 10:34

   Non !

   Il viendra le jour où un homme d'espèce supérieur osera s'avancer au milieu des bêtes, ces pauvres animaux qui essayent par des moyens inappropriés de ressembler à des dieux.

   Pourquoi est-ce que vous avez encore le courage de douter ? D'où vous vient cette exécrable manie ?


   J'ai encore rêvé de mon inavouable quête de pouvoir. Pouvoir exister, pouvoir vivre, pouvoir espérer en l'avènement du Surhomme...

   Et je peux certifier qu'à l'aube de ces temps de ravissement, qui mérite un certain enthousiasme, il faut, pour que le bonheur advienne, se liguer tous autour d'un même projet, et le mener à bien dans une même dynamique constructive.


   Mais quelquefois, au détour d'un de mes sournois phénomènes de pensée, je suis pris d'une crainte puérile qui me terrifie, jusqu'à me donner l'envie de clôturer cet exemplaire de vie humaine dont je suis d'ailleurs le seul ordonnateur.

   C'est certainement le doute absolu qui m'entraîne dans ses couloirs obscurs et nauséabonds, le doute qui prévaut sur chacun de mes actes, prêt à me tancer pour me ramener dans sa droite ligne, chemin pentu et verglacé.

   Est-ce cela la vie que tout le monde semble apprécier outre mesure ? Ou n'est-ce que la vie aventureuse de ceux qui entretiennent peu de foi, et beaucoup de doute...


   Rien ne supporte plus l'essence même de mon procédé d'absolu !

   Je suis ainsi vivant, en retrait, à ne plus savoir que faire pour reconquérir ma propre puissance dont j'ai eu si longtemps la volonté. La désespérance qui m'habite n'a que faire de cet extrait de probité qui s'affiche conquérant, mais qui n'a même pas le courage de continuer à exister.

   La mort ! Cette rivale toute puissante qui manifeste de l'enthousiasme à trouver chacun des hommes qui ont fait acte de conscience âprement développée, et tous les autres aussi d'ailleurs.

   Cet ersatz d'anthropomorphe qui raille plus que raison à chaque fois qu'elle entreprend d'annuler l'arrangement de molécules carbonées qui fonde l'homme...

   Que d'illusions !


   Et je continu à élever les fondations de mon ultime lubie, celle qui s'arrange à tous les coups pour apparaître attirante. Petite putain, va !

   Je ne sais plus ce que je veux en fait. Si c'est construire un château de sable, je peux m'en passer. Bien d'autres occasions se présenteront à moi, en d'autres temps je pourrais piétiner ma fierté, mon doute absolu, ma lubie moralisatrice. J'ai la nausée...

   J'ai échafaudé de mes mains les fondations de cette cité bleue et les outils pour la détruire.  Je m'apprête à agir en résonance avec ma propre disparition. Tout anéantir avant de s'en aller.

   Je vais être malade...


   Un rayon de saphir touche le fond de ma pupille.


   Ai-je rêvé ?


   Je submerge de mon état second comme un autre homme.

   Je réalise que je peux encore rêver du plus pur des rêves. Moi, un homme libéré de toute l'emprise des autres sur ma raison, je m'élève vers ce quelque chose qui arrive à me surprendre encore, dans le sens que j'ai donné à ma vie, vers le bleu, vers mon absolu, l'absolu.

   Je ne crois en rien, je crois à lui, au Surhomme.


Par daphnis - Publié dans : L'homme universel
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /2008 19:07

   Il y a quelque chose à l'intérieur de mon corps qui cherche à en sortir ce soir, maintenant, depuis toujours... L'exode, il recherche l'exode de mes chairs. J'ai trop mal. Alors je pense, je m'évade dans l'autre attribut celui qui m'apparaît comme un être parfait.

   Quand je me noie dans l'absolu bleu de ma nouvelle réalité, celle qui, virtuelle, réside encore pour un temps dans l’agencement de molécule qui forme mon entendement, je saisis un extrait du physique limité contre les afflux incessants de la douleur, et je l’oublie.

   Je reçois dans ma chair un extrait de celle qui m'offre une métaphore de tout. Je bois la mer. Mais à l’intérieur celui que tout le monde nourrit en se prenant au sérieux, l'ogre jaune gratte, arrache, dévore essayant d'atteindre l'autre paroi, une échappatoire vers l’extérieur…

   Et moi, au milieu Je lui parle en embrassant la beauté absolue, profondeur extatique, abysse bleu roi.

  

   Ce qui est sûre, c'est que si quelqu'un s'intéresse à l'humanité et veut l’élever au niveau supérieur, dans son innocence maculée d’une intense probité, il devra s’allier avec les hommes pour qui l’action prévaut sur tout.

   Ainsi il pourra impliquer l’espèce humaine dans un élan ascendant, entraînée par ceux qui n’envisagent même pas les bienfaits d’un tel ordre des choses.

 

   Un jour, après avoir subit le summum de la douleur, je regarderai mon crâne se découper lentement en deux, puis ma gorge se scindera aussi m’empêchant de crier, enfin le reste de mon corps. Et quelque chose de paradoxal écartera les amas de chair, tout heureux d’apparaître ainsi avec effroi.

   Un jour, si d'ici là je n'ai pas pris une décision quant à l'appel de la fuite du néant vers le néant reconstitué. J’ai vraiment besoin de disparaître autre part que dans ces deux tas de viandes, identiques que l'infini sépare.

   Vraiment.

   Tout autour de moi, quelquefois, entre deux états de mon effroyable conscience, surgit une traînée bleue, une traînée de cela que je ne sais pas appeler globalement.

   Alors, je me lève et je la suis pour savoir où elle veut me mener, j’essaie de m'en saisir mais elle me devance toujours, comme une ombre. Et toujours, épuisé, je la laisse s'éloigner alors que je m'allonge pour me réveiller dans l'ocre. Epuisé ou bien alors trop faible, infiniment trop faible pour poursuivre.

 

   Je dois prendre refuge, écarteler les faits, déchirer mon esprit, torturer, torturer, torturer.

   Mais surtout, il ne faut pas que je jette à l’intérieur de moi de quoi nourrir une vérité démesurément fausse, celle de mon apparence. Je sais que je ne suis pas, rien n'est. Rien n'est sauf celui qui en prend conscience et se martyrise jusqu'à la perdre.

   Et quand le chaos se sera stabilisé, il éclatera en faisant éclater à leur tour tous les tubes qui joignent l'extrémité de mes synapses aux affronts du reste. Et Je serai libre, immensément libre de ne plus être emprisonné autour du geôlier.

   J'aurai enfin gagné le pouvoir de ne plus avoir rien à perdre.

 

   Et je hais tellement les confrontations qui semblent alourdir ma volonté du peu de moi que j'arbore fièrement. Je les hais mais j'en jouis comme un traître quand j'oublie qui en est la victime.

   Et dorénavant, je sais que, intensément épris d’une vitalité redondante, alors que je me sens contraint d’exister autour du gardien, je vais calmement recoudre ma gorge.

 

   Mais, évidemment, il m’est demandé insidieusement de vivre, encore, au moins pour un temps...

Par daphnis - Publié dans : L'homme universel
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Dimanche 12 octobre 2008 7 12 /10 /2008 19:02

   Je suis assis au bord de la route qui mène à la ville, sur laquelle passe quotidiennement un nombre considérable d’hommes qui se dirigent vers leur occupation du moment, ou qui en reviennent.

   Je regarde ces êtres s’enfuir vers leur aconscience.

   Je me plais à les voir tels des animaux, cherchant inexorablement à oublier les vues de l’Etre qu’ils ont du certainement avoir, mais qu’un regain de terreur envers la vérité leur a fait rejeter au tréfonds de leur mémoire.

   Ils sont petits, non de la petitesse des fourmis bâtisseuses, mais de celle de ceux qui possèdent l’aptitude à la grandeur, et qui ne jettent de regards que vers le bas.

   Dés lors que ceux-ci refuse la conscience exaltée des prétendants Surhommes, dans quels entendements ai-je l’espoir de voir surgir cet idéal de la pensée moderne qu’est la conscience acérée du monde ?

   Ceux-là ont le pouvoir sur la matière, et ces autres ont la rage de n’être point titulaire d’une part de ce précieux pouvoir, sans lequel il leur est dorénavant impossible d’imaginer faire naître une vue honnête de l’Etre dans ces petits entendements effroyablement spécialisés. Quel paradoxe ! Encore un…

 

   Par un curieux phénomène d’illusoire apparition, qui me tend les bras du fait que je ne connaîtrais jamais l’ultime satiété de mes faims originelles, j’entreprends de parler avec mon double.

   Celui-ci s’est glissé à mes côtés lorsque je m’apprêtais à me relever pour continuer ma route. Il m’a regardé de ces sublimes yeux d’anges qui me font préférer, et de loin, les yeux carbonisés d’un petit démon.

   Pendant quelques instants il n’a rien dit, puis s’est décidé à me parler par l’entremise de mon cerveau malade.

   Voilà ce qu’il a déclamé.

 

   « N’entrevois-tu pas la taille exceptionnelle de la tâche que tu as décidée de mener à son terme ? Ne te sens-tu pas découragé face à l’adversité dont tu effleures la présence en regard de tes actes ? Moi, à ta place, il y a longtemps que j’aurais baissé les bras…

   J’aperçois en toi l'inclination au renoncement des valeurs exceptionnelles de ton système, matérialisé par cette goutte de mer échouée sur ta joue.

   Laisses-toi porter par cette douce torpeur, libératrice des élans des restes d’animaux issus des millénaires passés. Assois-toi au pied de l’arbre centenaire, et broutes-en les racines tendres !

   Tu es porté naturellement à la paresse, pourquoi résister et aller au devant de troubles provoqués à ton encontre ?

   Endors-toi, endors-toi simplement et durablement ! »

 

   Non ! Il faut que ce double s’en aille !

   Je vais me lever et partir travailler moi aussi.

   Mais pas un travail libérateur des contraintes engagées dans la reconnaissance honnête de la véritable position de l’homme dans l’Etre, non, mon travail, celui qui me porte à prodiguer la révélation, l’ultime révélation qui place l’homme au cœur d’un système agité par le chaos géométrique, et dont la valeur ne s’écrit qu’à partir des exploits dénaturants des hôtes du système.

   Il faut que je trouve le courage d’impliquer dorénavant dans ma quête de l’absolu, plusieurs hommes qui seront capables de se soutenir, et de me soutenir, quand l’adversité des éloges funestes grandira, et fera ressembler l’ultime révélation à un amas de probabilité utile à provoquer l’extinction de la vie consciente sur terre.

   Ainsi l’absolu survivra aux luttes internes de l’humanité, qui se dévoile comme toujours, avide de plaisirs et contrainte d’en profiter.

Par daphnis - Publié dans : L'homme universel
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /2008 19:46

   Cela ne peut s’énoncer simplement. Une certaine illusoire adversité qui s’ébat à la frontière de la réalité et de l’illusion. Comment se pourrait-il qu’il y ait du vrai là-dedans ?

   Toujours, j’ose penser qu’il y a du sens par delà les nues, un sens voilé, mais un de ceux qui, lorsqu’ils se dévoilent font sentir, à ceux qui n’en avaient pas conscience, toute la trivialité du sujet.

 

   Voilà que ça recommence.

   A nouveau, mon double, ce jumeau opposé à mon propre vouloir, l’expression déphasé de ma conscience s’avance. Il sourit d’un sourire grave qui ne me laisse rien présager de bon.

   Alors que je remarque qu’il tient dans une de ses mains un morceau de papier manuscrit, déjà il ose m’adresser la parole.

 

   « Voilà que je viens à ta rencontre pour parler.

   J’ose espérer que tu as un instant à m’accorder, un instant lors duquel tu t’efforceras de ne pas agir à l’encontre de quelque morale que ce soit. J’ai à te parler de la plus sérieuse aventure que l’homme n’ait jamais connue. »

 

   J’acquiesce.

   Il poursuit.

 

   « Tu désires du plus profond de ton entendement n’avoir tord lorsque tu considères l’homme actuel comme le summum de toute l’hominisation préalable.

   Et tu as peut-être raison, mais sois en sûre il n’est pas d’homme suffisamment conscient originellement pour concevoir avec clarté toutes les implications de ton système de fou !

   Comment peux-tu penser qu’un homme, un seul homme, puisse parvenir à adopter les préceptes que tu mets en avant sans y risquer son esprit raisonnable ? Il te manque une issue, un terrain viable, où tu puisses conduire tes prétendants Surhommes.

   Ceux-ci, dans l’état de fait qui régit l’intégrité de ton système, se dirigent vers une impasse, ou plutôt vers un gouffre qui, dés lors qu’il les aura engloutis, ne leur permettra jamais de faire demi-tour et d’oublier.

   Comment peux-tu vouloir amener ces simples hommes à connaître la monstrueuse désespérance absolue ?

   C’est là l’idée d’un esprit dérangé, ou bien aveuglé par sa misanthropie. Penses-tu honnêtement que cela soit nécessaire à leur émancipation ? »

 

   Il rit aux éclats.

   Je me morfonds dans ma réflexion dans l’espoir de trouver un argument, un seul, à lui opposer.

   Puis, dépité, je finis par me lancer.

 

   « C’est vrai que j’ose imaginer que je ne suis pas le seul à avoir assemblé les phénomènes de pensée qui permettent à un entendement aiguisé avec justesse de saisir en une fois toute la vérité de l’Etre.

   Mais que faire de ma vie, si ce n’est tenter d’instituer de la hauteur dans les considérations subjectives des hommes à l’égard de leur niche environnementale ?

   Je n’ai rien à perdre, tout à gagner, et la joie, dont l’occurrence devient peu à peu plausible dans ma fuite en avant, suffit à me tenter et à m’inciter à conduire ma vie sur les longues traces de l’avenir.

   Alors je prends le risque.

   Je prends le risque d’essayer de conduire l’humanité vers la Surhumanité. Pour que ma vie ait un sens, par delà le bien et le mal créé par le judéo-christianisme, pour maintenir l’homme dans une voie, évidemment, qui l’amène à préciser sa valeur.

 

   Il fut un temps où il suffisait de peu de choses pour contenter la curiosité des hommes. Une fable bien sentie, qui contait l’illusion de la formation des consciences, suffisait à leur bonheur.

   Mais ces temps ont changé.

   Dorénavant, alors que certains hommes ont incité à la recrudescence des valeurs aiguës de la conscience acérée, les hommes ne se satisfont plus de ces sortes de légendes censées offrir, à ceux qui les conçoivent valides, une léthargie suffisante, de leur instinct de découverte, pour les préserver de la chute dans les méandres inopinés d’un vide métaphysique monstrueux.

   Non ! Dorénavant ils le touchent ce vide, ils l’effleurent de toutes leurs paumes cognitives. Ils en sont conscients, et peuvent à présent s’en servir pour édifier leur lubie moralisatrice, le pallier supérieur de l’humanité, leur cité novatrice, la Surhumanité.

 

   Alors ne vient pas me dire qu’ils désespèrent tous de sentir la trace de leurs illusions perdues.

   Bien au contraire, la conscience absolue dont je leur ai offert la mèche, leur permet petit à petit de considérer honnêtement les moyens précis qui leur permettent de viser ce pourquoi ils continuent à vivre, le bonheur, le bonheur absolu.

   Ainsi, ne me fais pas rire ! Arrêtes de te torturer ! Regardes ce qu’ils sont devenus ! Des demi-dieux aux regards acérés, à l’esprit enjoué, des partisans du libre consentement au bonheur, ils ne te feront pas honte, bien au contraire.

   Crois-moi si tu veux, mais ces hommes ont recouvré, par leur liberté originelle, leur pouvoir extrême de contentement de leur besoin le plus intime, la soif d’un bonheur absolu… »

 

   Ma foi, je l’ai, si j’en crois sa main qui broie le manuscrit, entièrement gagné à ma cause.

   Je crois que s’il cherche au plus profond de l’entrelacement d’idée qui lui fait sentir la tangibilité de son entendement, il comprendra mes recherches d’absolu. Il comprendra combien puissant est l’élan qui me tire vers cette lubie. Il comprendra que je ne puisse faire autrement que tenter d’insuffler au cœur des hommes l’esprit de ma quête.

   Ma quête de sublime, de grandeur,

   de Surhomme.

Par daphnis - Publié dans : L'homme universel
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Samedi 23 août 2008 6 23 /08 /2008 11:08

   Qu’advient-il de tous ceux qui ont donné leur vie pour l’émancipation de l’homme en regard de la nature ?

   Eux, pauvres consciences de titan, ont voulu accroître la part d’humanité en l’homme, ont glorifié la raison reine pour qu’elle puisse s'amplifier et atteindre la primauté de ses effets sur les contingences chaotiques naturelles…

   De quel droit se permet-on d’oublier de les encenser ?

 

   Il y a quelques années encore, on pouvait croire que la nature lâcherait du leste, et permettrait à l’homme d’asseoir son pouvoir sur l’expression de son humanité. Quels dérisoires effets de l’imagination d’hommes malades du peu de foi en l’insouciante nature !

   Depuis ces temps mémoriaux bien des choses ont changé. Le chaos géométrique a fait une entrée fracassante dans la somme des connaissances puisées au cœur des phénomènes dorénavant connus.

   Le chaos a, dans un dernier sursaut de fierté expansif, révolutionné la confiance de l’homme en son jugement serein et raisonné.

   Alors que faire de cet amas de certitudes ? Pouvons-nous nous avouer vaincu et déposer les armes aux pieds de la Nature toute puissante ? Ou devons-nous au contraire exciter notre fierté pour nous relancer à l’attaque du despote chaotique ?

 

   « Tu rêves encore si tu penses qu’un jour tu parviendras à annuler les effets de la nature sur ta vie… »

   J’entends une voix ! Qui est-ce qui me parle ainsi ? Si… si c’est là la substance de ton discours, je préfère encore m’arracher les tympans que de t’écouter ainsi démystifier ma quête. Tu ne peux, dans mon système reposant sur l’éthique de vie nouvellement convenue, qu’avoir tort !

 

   « Alors que la nature fait office d’enseignants des consciences acérées, tu t’échines à contredire chacun de préceptes qu’elle a tant de mal à introduire dans ces entendements, fatigués de la lutte qui s’est engagé voilà plusieurs millénaires.

   Pourquoi est-ce que tu ne te rends pas à l’évidence ? Tu as tout faux, et tu as suffisamment de fierté pour penser que c’est un bien ! »

 

   Non ! Laisses-moi tranquille ! Ne m’abreuve pas de tes évidences ! Qu’imagines-tu que vont faire les plus conscients des hommes ? Se ranger, tels des pauvres moutons effrayés par le feu mais réconfortés par la présence de leur maître, ou bien aller au devant de leur inéluctable anéantissement ?

   Ce que tu proposes est tellement peu bénéfique à l’orgueil des quelques hommes qui sont âprement conscients de leur situation, que tu peux imaginer qu’ils ne seront jamais tentés d’y participer.

   Au contraire, voilà bien une raison de plus de résister et de se battre jusqu’au bout pour qu’enfin on puisse continuer à croire à la résurgence d’une illusoire liberté issue de l’écart prodigué par le feu entre le maître et son esclave.

 

   Alors que peux-tu dire de cela ?

   Voilà une bien jolie déclaration de guerre qui promet aux adversaires de payer de lourds tributs.

   J’ose dire ce que je veux, à savoir que l’humanité, dans son intégralité, toujours essaie de s’écarter de la mainmise naturelle pour affirmer à qui de droit sa valeur d’exception.

   Ainsi elle se reconduira sur le chemin de l’évolution, sur les traces du Surhomme…

Par daphnis - Publié dans : L'homme universel
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